Ce qui a fait hésiter Marc


Quand nous avons regardé le documentaire « The clean bin project » ensemble, puis discuté de la reproduction de cette expérience ici, à Strasbourg, dès cette rentrée, Marc n’a eu qu’une seule crainte : perdre son abonnement à Charlie Hebdo !

Et pour cause : 1) il s’agit d’un achat non-alimentaire (qu’il soit annuel par abonnement, ou autre), ce qui est une entorse à la règle de non consommation de biens matériels, et 2) le journal, certes en papier donc recyclable, est glissé dans la boîte aux lettres entouré d’un film plastique opaque (sans doute pour ne pas choquer le facteur…), qui, multiplié par 52 semaines, aurait rapidement plombé la poubelle résiduelle autorisée de son lecteur.

« Je pourrai aller le lire à la médiathèque »

Après deux semaines de réflexion, Marc a – courageusement – envoyé ce mail au service abonnés de son canard préféré :

« Bonjour,
Ma petite famille s’engage, le 1er septembre, dans une expérience « Sans objet, Sans déchet » qui va durer un an. Dans le fil de nos pratiques écologiques existantes, cette expérience consistera à ne rien acheter qui produise des déchets, y compris des déchets recyclables.
Je suis très attaché à Charlie Hebdo, que je reçois par abonnement, tous les mercredis, depuis des années. Mais ce mode de lecture de mon journal préféré me sera désormais impossible. Je pourrai aller le lire à la médiathèque.
Nous avons cependant convenu que les déchets recyclables pouvaient être tolérés dans notre expérience, dès lors qu’ils étaient liés à des biens culturels (par ex. journal, tickets de cinéma,…) et qu’ils étaient recyclables. Malheureusement, le film plastique qui enveloppe les numéros de Charlie reçus par La Poste ne l’est pas. Cette exception m’autorise à acheter Charlie en kiosque.
En conséquence :
– soit il vous est possible de me faire parvenir mes numéros dans une enveloppe en papier recyclable;
– soit je me vois obligé de vous demander de suspendre mon abonnement, pendant un an, c’est-à-dire jusqu’au 31 août 2018.
Nous créons un blog, qui vous permettra, si vous le désirez, de suivre notre aventure (www.sansobjetsansdechet.fr).
Avec l’assurance de ma fidélité et de mon soutien,
très cordiales salutations. »

Emballage opaque pour raisons de sécurité

La réponse ne s’est pas faite attendre (et c’est vraiment cool de la part du service abonnés !). Extraits :

« Oui, Marc, c’est un sujet qui revient souvent sur la table et c’est normal, merci de le faire. Le paramètre que personne ne calcule, c’est qu’on veut d’un point de vu sécurité protéger nos abonnés. [Il nous faut donc] surtout un emballage qui résiste : au déchirement, à la pluie et qui reste opaque (confidentialité)… Nous n’avons pas encore trouvé mieux et comme d’habitude, nous gérons encore les conséquences de 2015. […] Le point positif c’est que nous imprimons sur du papier recyclé.

[…] C’est bien votre test, merci pour cette expérience. Si ce n’est pas possible de suspendre alors je passerai en mode résiliation, mais que ferai-je de tous les N° qui vont jusqu’au 15 novembre ? […] »

La réponse de Marc :

« Je me doutais des raisons de vos envois sous plastique anonyme et je les comprends tout à fait. Difficile de conjuguer avec tous les impératifs et je comprends votre choix de faire passer l’écologie après la sécurité de vos abonnés (on peut se dire que c’est infiniment triste, mais si c’est le prix à payer pour pouvoir continuer votre/notre engagement, payons-le).
Je vais donc, pendant un an, acheter mon Charlie en kiosque (si j’en trouve) ou aller le lire en médiathèque.
S’agissant de mon abonnement, je me souviens l’avoir réglé par chèque (mais c’est pas sûr). Pour les n° restants, je ne sais pas trop comment faire : un à-valoir pour mon réabonnement dans un an ? Un changement d’adresse vers un ami ?… A vous de voir. »
On a déjà des petites idées pour « l’ami » qui recevrait Charlie gratis… A vos boîtes aux lettres 😉

1 commentaire sur “1”

  1. En règle générale quand on résilie un abonnement, il y a, sur demande, remboursement du prorata des numéros restants. Rien n’empêche Marc d’affecter cet argent à une cause écologique, ça reste dans sa logique d’engagement.

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