Droit du sang (sic)

Cup et serviettes lavables (Photo SOSD)

Qu’on se le dise, on fait partie de la team « droit du sol » dans cette maison ! Il ne s’agit pas ici de prôner l’appartenance à un territoire ou à une nation, mais bien d’évoquer le droit, pour notre sang menstruel, qui charrie tous les 21 à 35 jours le produit de la muqueuse utérine non-utilisé par un fœtus, de s’écouler physiologiquement chaque fois que notre corps a besoin de l’évacuer pour donner sa chance à un nouveau nid. Droit donné aussi aux alternatives à Tampax ou Nana, qu’on nous colle dans le sac-à-dos à 11, 12 ou 13 ans, comme un truc indispensable, aussi certainement qu’on achète un frigo quand on emménage quelque part.

Serviettes hygiéniques et tampons jetables, véritables bombes chimiques

Cette affaire de sang menstruel, je n’ai pas envie d’en faire tout un pataquès, d’autant que le défi SOSD n’a rien changé dans mon approche des règles. Néanmoins, il me semble important de remettre un coup de projecteur sur les alternatives aux serviettes hygiéniques et aux tampons jetables, véritables bombes chimiques (pesticides, dioxine, gels hyper-absorbants…) et tonnes de déchets : de 13 à 50 ans, une femme utiliserait environ 9000 serviettes jetables (35 ans de règles environ, en excluant d’éventuelles grossesses et allaitements, 13 fois par an, 4 jours par cycle, 5 serviettes par 24h…) !

Je suis plutôt opposée (pour moi, hein ! C’est un sujet complexe, sur lequel je ne souhaite pas forcément m’étendre ici…) aux contraceptions chimiques qui empêchent le sang de couler. Donc, 1er point, la question des déchets liés aux règles ne peut pas (pour moi, j’insiste !) se régler par la prise d’une pilule en continu ou l’installation d’un stérilet aux hormones. Pendant quelques années, donc, j’ai utilisé des serviettes hygiéniques lavables (photo ci-dessus) et, occasionnellement, une coupe menstruelle (cup). Mais, de la même façon que je n’étais pas une fan des tampons du temps où j’utilisais des produits jetables, je ne suis pas tombée sous le charme de la cup… Chacun son truc.

Je pratique le « flux instinctif libre »

Ayant toujours pu compter sur un flux peu abondant, les serviettes lavables m’ont plutôt bien convenu, jusqu’à ce que je sois opérée du col de l’utérus il y a quelques années. Après cette opération, je me suis aperçue que, sans doute par un léger rétrécissement du col, le flux ne s’écoulait plus qu’aux toilettes, quand je relâchais les muscles du petit bassin, dont le célèbre périnée. J’ai donc abandonné les protections périodiques et pratique depuis le « flux instinctif libre » (FIL). Cette méthode de rétention momentanée du sang dans le vagin nécessite normalement un petit apprentissage et une bonne connaissance de son anatomie (facilitée par les rééducations périnéales suite aux grossesses, me semble-t-il…) pour éviter les fuites. La chose a été aisée pour moi, très proche de cette expérience, ou de celle-ci, très bien présentée, abordant tous les aspects du FIL.

Cette technique, qui fait bien sûr polémique sur internet (c’est toujours un peu triste de constater que certaines femmes s’entre-déchirent par culpabilité de ne pas être « parfaites », plutôt que de prendre ce qu’il y a à prendre et de laisser ce qui ne leur convient pas…), est à la fois écologique, économique et… libératrice ! Elle est en cohérence avec l’idée d’autonomisation de chacun et de réconciliation avec son propre corps. Personnellement, je ne subis plus mes cycles menstruels (« Merde, j’ai mes règles et pas de serviettes ! »), j’apprends à observer les effets des différentes phases du cycle : euphorie de la sève montante, repli sur soi et chute hormonale quelques jours avant les règles, forte libido des premiers jours après… (Et j’évite la piscine municipale 1 ou 2 jours par mois, what a sacrifice !)

Connaissance de soi et remise en question des normes

Sur ces sujets passionnants (et très politiques, d’où les remous qu’ils suscitent généralement…), je souhaite partager deux références, dont un excellent ouvrage récent et magnifiquement illustré, « Le livre du cycle féminin, à mettre entre toutes les mains », de Raïssa Blankoff (Amyris Editions), mais aussi un classique féministe : « Mamamélis, manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes » de Rina Nissim. L’écologie et la santé, deux sujets ultra-liés, passent avant tout, dans ce domaine comme dans tant d’autres, par la connaissance de soi et la remise en question des normes. A partager sans tabou !

2 commentaires sur “2”

  1. Merci, article très intéressant. J’ai aussi utilisé des protections lavages (adoptées au même moment que les couches lavables de mon petit dernier). Par contre, c’est encore Nana et Cie pour ma fille de 15 ans à qui je ne me vois pas imposer des solutions réutilisables…

    1. Merci Sandrine pour ce témoignage ! J’ai discuté avec ma fille de 9 ans de ces questions (même si elle a encore 2 à 4 ans devant elle, tout dépendra de quel côté de la famille elle « tient »)… Contrairement à vous, je ne me vois pas lui acheter des serviettes jetables et elle-même ne comprendrait pas que je lui propose quelque chose que je juge mauvais pour moi et pour la planète. Question d’acculturation peut-être, elle a toujours connu le zéro déchet et le sans pesticides ou presque ! Pour votre fille, ça viendra surement 😉

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