Extinction annuelle du frigo*

Notre petit frigo fonctionne 6 mois par an (Photo MH / SOSD)

Au risque de faire hausser les épaules aux incrédules ou de tout simplement les faire fuir, je voudrais évoquer ici notre système du « quasi sans-frigo », politique domestique que nous pratiquons depuis plusieurs années maintenant. Ce qu’expérimente Marie Cochard, auteure de « Notre aventure sans frigo… ou presque » (et du blog La Cabane Antigaspi), mais en moins recherché et définitivement moins glamour !

Armoire réfrigérée par grand froid : une aberration

Il y a un peu plus de 4 ans, mère célibataire, j’ai vendu mon frigo familial qui était toujours vide. Consommant des fruits et légumes frais (pas « réfrigérés », hein…) et du sec (pâtes, riz, quinoa…), et végétarienne à l’époque, habitant de surcroît en centre-ville avec de nombreux commerçants à proximité, je ne me servais du frigo que pour ranger mes petites courses. Frappée par l’aberration de stocker de rares aliments dans une armoire glacée en plastique fonctionnant à l’électricité 365 jours par an, alors que le thermomètre ne dépasse pas les 10° à Strasbourg environ 8 mois de l’année (allez, je suis méchante, 7…), je l’ai vendu et j’ai conservé mes aliments dans un panier dans la cuisine ou dans des boîtes sur le balcon.

Pendant un an sans frigo aucun, avec, à la maison, deux enfants âgés alors de 3 et 4 ans, nous avons boulotté des laitages dans leur journée d’achat en été et acheté des bières fraiches en bas de la maison les jours de grand soif. Et 8 mois de l’année : balcon. Quand Marc s’est installé avec nous, j’ai accepté son idée d’acheter un petit frigo d’appoint (deux tablettes), avec une bonne performance énergétique. Alice a trouvé la solution pour contenter tout le monde : ne l’allumer que quand c’est vraiment nécessaire, les 4/6 mois de printemps/été.

Economie d’électricité et meilleure rotation des denrées

Depuis 3 ans et demi donc, fin avril, nous branchons le frigo, et début octobre, nous éteignons et vidons ce petit garde-manger réfrigéré. C’est aujourd’hui l’extinction des feux. Voyez sur la photo ci-dessus qu’il ne restait pas grand-chose dedans (un potimarron, des galettes avoine-carottes, de la moutarde et de la confiture, des algues séchées…), et surtout rien qui nécessite de conserver le biniou en tension 24h sur 24.

Les avantages de la manœuvre : économie d’électricité (faibles, mais quand même…), meilleure rotation des denrées (on mange les restes au repas suivant, et surtout on s’arrange pour mieux calculer les portions…) et gaspillage minimal. Test à faire chez vous : combien de pots, barquettes ou restes sont-ils stockés dans votre frigo aujourd’hui, que vous n’avez tout simplement pas envie de manger et que vous finirez par jeter ?

Un petit extérieur à aménager

Contraintes : installation d’un petit espace extérieur de stockage (plus ou moins difficile en fonction des logements), de préférence à l’ombre, et garder l’œil sur le thermomètre à l’intersaison. Dans notre nouvel appartement, nous avons, comme dans les deux précédents (on a pas mal déménagé ces dernières années…), une petite loggia qui permet de poser par terre ou sur une tablette un ou deux bocaux avec du poisson, un reste, du fromage, etc. Etant entendu que nous ne conservons rien de périssable au-delà de 2-3 jours.

Dernier élément que beaucoup considèreront comme un frein, mais qui n’en est pas un pour moi qui cuisine quasi-quotidiennement, nous n’avons pas de congélateur, sinon un petit freezer pour les glaçons en été… Pas de stockage massif de viande/légumes/compotes… donc, comme je l’évoquais en causant budget, ni de préparation de plats à l’avance. Tout est question de routine et d’habitude. Suffit de décloisonner son imaginaire. (Et puis, un frigo, c’est plutôt moche… non ?)

1 commentaire sur “1”

  1. Article intéressant.
    A titre personnel, je n’ai pas de balcon. Rien qu’un mini rebord de fenêtre ou je n’ose même pas laisser ma jardinière. Alors de la nourriture ! Non merci.
    J’ai moi aussi lu le livre de Marie Cochard. J’ai stické pas mal de page. Pour l’heure, le beurre est sortie du frigo et il va très bien !
    Je ne compte pas me séparer du frigo (là ce serait « pour faire comme » et « avoir bonne conscience » plutôt qu’une démarche profonde et réfléchie [oh, une phrase à noter dans l’article que je ferai sur ce livre]), mais déjà l’utilisé à meilleur escient.

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