Jardiner SOSD ? Facile de faire mieux que nous…

Spirée vanhouttei & rhubarbe (Photo SOSD)

C’est avec une pointe de tristesse que nous rendrons bientôt les clés de notre jardin familial. Parce que nous avons eu des problèmes de voisinage, à coup de glyphosate, parce que nous avons subi un vol et des dégradations, parce que nous n’avons pas suffisamment de temps à consacrer sereinement à notre lopin communal, parce que notre nouvelle terrasse, plutôt spacieuse, comblera sans difficulté nos envies frustrées de verdure et parce qu’enfin, il y a un gouffre entre rêver son jardin en permaculture et en assumer la conception et l’entretien dans une ambiance franchement hostile, où la notion de conflit de générations prend tout son sens… (J’en parlais à la rentrée 2016 sur Rue89 Strasbourg.)

Pots, jardinières ou seaux récupérés

Avant de quitter notre lotissement de jardins, nous avons progressivement déménagé aromates et arbustes que nous avions achetés ces dernières années et d’abord plantés en pleine terre. Pour ce faire, nous avons récupéré des pots, jardinières et seaux que nous possédions déjà, que j’avais pour certains dégottés sur le Bon Coin avant d’avoir le jardin, ou que les parents de Marc nous avaient donnés. Parce que nous n’achetons rien cette année, nous n’avons pas investi dans de nouveaux bacs et complétons l’ensemble avec quelques vieux seaux de peinture dont nous nous servons habituellement pour transporter le compost.

Néanmoins, force est de constater que le jardinage, tel que nous l’avons pratiqué, était loin d’être sans achat ni déchet. Achats d’abord, que nous faisions régulièrement, chez Botanic ou ailleurs, pour s’équiper en outillage ou remplir le jardin de groseilliers, sauges, romarin, rosiers, lilas, forsythia, menthe ou mélisse, fraises, etc. Et autant de pots en plastique mis de côté pour les semis, qui pour beaucoup n’ont jamais resservi.

Un sac poubelle de 100 litres

Déchets ensuite, dont nous avons jeté un plein sac poubelle de 100 litres ce matin (pour environ 5 kilos), en vidant le cabanon de vieux morceaux de bâche en plastique qui ont servi de serre et de cabane pour les enfants, d’étiquettes décolorées ou cassées, de pots à semis inutilisés, de vieilles bouteilles sales avec lesquelles les enfants ont joué, de morceaux de métal ou de plastique que nos voisins indélicats ont balancés dans notre jardin…

Nous nous accordons sur le fait que cette poubelle – qui évitera à la famille qui nous remplacera de devoir s’occuper de notre bazar, ce qui ne nous a pas été épargné à notre arrivée… – ne rentre pas dans notre décompte annuel, puisque son contenu n’a jamais pénétré « chez nous ». C’est un peu artificiel, nous en convenons, mais cet escamotage n’empêche pas la prise de conscience : jardiner comme nous l’avons fait n’est pas ZD du tout.

Groseillier & thym (Photo SOSD)

A la maison, faites mieux que nous !

Pour nous enfoncer un peu plus la tête sous l’eau, il apparaît honnête d’avouer que nous n’avons pas fait mieux à la maison, où, jusqu’à l’année dernière, j’ai régulièrement utilisé des sacs de terreau en plastique de même provenance. Il m’en reste un à moitié vide, acheté il y a un an, que je vais finir par écluser et dont l’emballage sera quant à lui comptabilisé. Idem pour un sac de billes d’argile, qui permettent d’aérer le fond des pots et d’éviter à l’eau d’y stagner, asphyxiant les racines des plantes…

Les solutions pour faire mieux que nous (que nous mettrons désormais en œuvre) :

  • se procurer de la terre végétale ou du terreau en vrac, chez un horticulteur par exemple, ou tout autre professionnel qui livre de la terre, du terreau, du paillage ou du compost. Il en existe plusieurs autour de Strasbourg (j’évoquais déjà cette question sur Rue89 Strasbourg en 2013).
  • Récupérer des pots ou des jardinières chez les voisins, votre famille, vos amis, sur le Bon Coin ou dans des brocantes : ça donne un balcon à la déco dépareillée, en mode « bricolage », mais la multiplicité des contenants est moins « gênante » une fois que la végétation envahit l’espace !
  • Fréquenter les bourses aux plantes où se pratiquent de la vente, mais également des échanges de graines et de jeunes pousses entre jardiniers.
  • Proposer à vos voisins de mutualiser des outils de jardinage plutôt que d’avoir tout ce qu’il vous faut en permanence à dispo dans votre propre cabanon. Sur un balcon en ville, un transplantoir, une serfouette (ou une griffe) et un arrosoir suffisent, mais ça se complique avec un lopin de terre… Pensez aussi à Emmaüs !
Menthe, fraises, etc. (Photo SOSD)

2 commentaires sur “2”

  1. Oooh, ça me fait un pincement au coeur :'(
    Avez-vous penser à partager un jardin ?

    Pour moi aussi c’est difficile à entretenir régulièrement, mais mes voisins sont tolérants et la municipalité aussi, alors je tiens bon depuis 9 ans, avec en moyenne 1 courrier de rappel à l’ordre par an …

    Vous êtes les bienvenus quand vous aurez envie (besoin ?) de mettre les mains (et les pieds) dans la terre 😀

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