La pulsion d’achat

(Photo CS)

Le conditionnement, les habitudes, la pulsion d’achat, le contentement provisoire, la détente procurée par la satisfaction d’une envie… J’ai déjà beaucoup écrit et réfléchi ces 10 dernières années sur mon mode de consommation, son histoire, ses phases, sur d’autres blogs, en d’autres lieux.

Ce que je souhaite partager aujourd’hui, alors que nous démarrons cette expérience d’un an, c’est que, même si je ne pars pas de zéro, savoir que je ne peux/veux rien acheter de neuf jusqu’à l’automne prochain, aucun vêtement, aucun roman, aucun pot de fleurs, aucune poterie, verre ou nappe, aucun cahier, stylo, meuble de jardin…, me laisse parfois face à un grand vide. Une sensation fugace de manque, un peu comme dans les premiers temps de l’arrêt du tabac, ou durant les premiers jours d’un jeûne. Pas une souffrance, juste une trace de creux à l’estomac, une petite béance dans la tête.

Trouver la lumière à l’intérieur de soi

Comme tout sevrage, je crois que celui-ci va prendre un peu de temps. Plutôt que d’aller faire un petit tour en ville avec les enfants, pour acheter une paire de chaussures, un produit pour la maison ou un jeu dont ils n’ont pas besoin, habitude d’un mercredi après-midi sur trois ou quatre, ces mois d’hiver, nous irons plus souvent visiter les différentes médiathèques de Strasbourg (toutes pourquoi pas !), profiterons de la forêt toute proche, nous blottirons dans notre nid douillet avec un DVD, une BD ou un projet manuel, inviterons nos amis.

Mais le léger creux est là ce matin. Avec la grisaille de septembre, revient chaque année cette envie de lumière artificielle, celle des boutiques et de leurs couleurs vives, des matières à toucher, des nouveautés – fringues, livres ou films – à découvrir. Cette lumière, je sais pouvoir la trouver à l’intérieur, dans mes lectures, mes méditations, mes activités professionnelles, associatives, culinaires, dans l’écriture aussi.

Je suis mûre pour ça, plus qu’il y a 4, 5 ou 6 ans, quand je m’essayais à la décroissance, « forte » de mes lectures et « faible » de mes habitudes. On peut baisser sa consommation de cigarettes, mais un jour, il faut bien s’arrêter complètement. Ce n’est qu’alors qu’on prend pleinement conscience du mal-être dans lequel on baignait avant, que l’on trouvait normal. C’est alors qu’on respire mieux, que l’on retrouve du pouvoir sur son corps, sur ses rythmes, sur sa vie.

Se libérer de son conditionnement

A chacun son vice, sa béquille. Dis moi par quoi tu compenses, qu’est-ce qui a de l’emprise sur toi, je te dirai quel chemin tu peux emprunter pour te libérer de ton conditionnement. Ce défi SOSD, c’est une aubaine, une forme de thérapie originale et joyeuse. Une béquille que j’ai enfin l’occasion de rendre définitivement en magasin. Je vais boitiller quelques semaines peut-être. Mais la rééducation aidant, je sais que je ne m’en trouverai que plus libre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *