La tristesse de celle qui met son 1er déchet dans sa poubelle perso

1er déchet dans la poubelle d’Alice (Photo MH / SOSD)

La douce quiétude de n’avoir rien à acheter, aucune queue à faire, aucun objet à choisir s’est déjà envolée. J’ai adoré ces premiers jours à Paris, loin des contraintes du quotidien. Surtout, bien loin des contingences de la rentrée scolaire et de son cortège d’exigences plastifiées.

Un livre de math à découvrir et recouvrir

Hier, en rentrant de son premier jour d’école, Alice a sorti de son sac un livre de mathématiques à découvrir et recouvrir, Simon un livre de lecture à couvrir. Dans le 1er cas, il a fallu jeter l’ancienne couverture trouée, puis dans les 2 cas, jeter les petits triangles de plastique que j’ai découpés pour ajuster les nouvelles couvertures. J’ai un rouleau de plastique transparent depuis au moins 3 ans… Et pas encore trouvé d’autre solution pour couvrir les bouquins scolaires, mais je prends toute suggestion en commentaires !

Alice était très triste de ces premiers déchets involontaires dans sa poubelle personnelle. Nous avons eu beau lui dire qu’il n’y avait pas de compétition, que ce n’était pas de son fait, qu’il s’agissait d’une observation, d’un poubellomètre dont nous savons que nous ne sommes pas toujours les maîtres… L’épisode a quand même constitué une petite épreuve pour elle.

« Attention à ne pas les brimer »

Et a fait surgir les premiers doutes chez moi, alimentés par des proches pas toujours très compréhensifs. « Attention à ne pas les brimer », « ce sont des enfants, cette démarche est purement intellectuelle »… sont à la fois des phrases que j’entends et que, dans un moment de doute, je fais miennes. Et nous ne sommes qu’au début.

Alors je m’arrête 5 minutes et explore mes sensations, met à distance mes jugements et mes doutes, autant de pensées parfois lancinantes et parasites. Car au fond, de quoi s’agit-il ? De tenter, sous une forme ludique et ouverte, de poser des actes un peu plus forts que de simplement refuser un sachet dans une boulangerie, ou raller à l’unisson contre la pollution des océans. De vivre en adéquation réelle avec nos valeurs et prendre conscience – ne serait-ce que durant quelques mois – de certains de nos conditionnements sociaux et intimes les plus profonds.

Même si la transition est un peu difficile, nous lançons cette démarche autant pour nous, pour notre bien-vivre, que pour l’avenir de nos enfants, petits et grands (Marc est père de deux ados). Ce sont des valeurs que nous souhaitons transmettre et faire fleurir.

Des moments riches et des critiques

Je sais que, passée l’euphorie des adultes et les craintes enfantines des premiers temps, il aura un nouveau rythme de croisière, de nouveaux loisirs, des moments riches passés ensemble. Mais il y aura aussi des critiques (notamment éducatives), des incompréhensions, des tensions avec certains amis ou membres de nos familles, des crispations à surmonter entre nous.

Aujourd’hui, alors qu’il faut acheter une paire de « baskets propres » (donc neuves) pour le gymnase de l’école, ajuster les fournitures et gérer les questionnements des enfants, je chasse mes pensées négatives et profite de ces soubresauts formateurs. Et puis, demain est un autre jour…

5 commentaires sur “5”

  1. Strasbourgeois également, nous sommes comme vous un couple avec 2 enfants de 7 ans et 9 ans. Autre point commun : nous sommes adeptes depuis quelques temps du zéro déchet et plus globalement du minimalisme et d’une simplicité volontaire.
    Je suis donc avec grand intérêt votre blog.
    Mon fils est revenu lui aussi avec un livre à plastifier de son école mais la couverture était dans un état encore vraiment impeccable. Je fais part de mon étonnement à mon fils qui me relaie que la demande de la maîtresse est formelle : il faut enlever l’ancienne et en remettre une nouvelle ! Pour mon fils, c’est incontournable (on ne peut pas aller contre ce que demande la maîtresse) mais je ne peux vraiment pas me résoudre à mettre ce plastique quasi neuf à la poubelle (outre le fait que je galère toujours à couvrir un livre !). Un bon coup de nettoyant (fait maison😉) et j’espère avoir redonné le peu d’éclat perdu par cette couverture et satisfaction à tous. Bonne continuation à vous.

  2. Autre suggestion en réponse à Nadia qui doit être beaucoup plus jeune que moi ! :

    Pourquoi en tissu ? durant mes années de primaire, 1967-1972, les livres étaient recouverts de papier kraft ou de papier « gisol » coloré et solide ! les protèges cahier étaient également dans cette matière (écologique ? je n’en connais pas la composition ?) Nous n’avons découvert les couvertures plastiques transparentes que plus tard. Quelle révolution ! on pouvait reconnaître le livre maths sans avoir à lire l’étiquette collée sur le papier opaque. Moins de risques d’erreurs en faisant son cartable ! Mais toujours un petit regret pour le beau papier « gisol » brillant et coloré avec son odeur inoubliable qui sentait si bon l’école de notre enfance !

    Nostalgie partagée par d’autres internautes. trouvé sur le net https://seenthis.net/messages/233910 mais pas de trace de la composition de ce papier
    a vos recherches !

  3. Le problème de la couverture en tissu c’est qu’elle n’est pas transparente… Et pour les livres scolaires des enfants, c’est embêtant. Ou alors en voilage clair et très fin (genre un vieux rideau?) Pas simple…

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