La vaisselle à la main, simple comme un bonne brosse à récurer

Brosses, grattoirs et savon de Marseille (Photos MH / SOSD)

Parmi les questions qu’on nous pose régulièrement figurent en bonne place celles concernant les objets qui pourraient tomber en rade dans notre année sans achat. Dernière en date : « Et si votre lave-vaisselle vous lâche ? » Réponse : « Ben, c’est bien simple, on n’en a pas. » « Whaaaat ?! » C’est le cri muet et primal qui s’échappe de la bouche de mon interlocutrice, sur le visage de laquelle un masque d’incrédulité s’imprime immédiatement. Elle qui pense si fort, les yeux écarquillés : « Ah non, ça, je ne pourrais jamais » !

L’idée que chacun de nous se fait de ce qui est indispensable

Ces réactions étonnées m’amusent. Pas parce qu’elle me flatte dans ma spécificité (mon égo s’en nourrit à la marge), mais parce que l’idée que chacun se fait de ce qui est indispensable pour lui me fascine littéralement. Construction sociale totale, héritage de l’enfance puis édifiée pierre à pierre par soi-même et son entourage, sous l’influence de la pub et du discours public, montagne insurmontable autant que défi passionnant.

Parce que, bien sûr, on peut vivre très confortablement sans frigo et sans PQ, et encore plus facilement sans télé ou sans lave-vaisselle.

Concrètement, la vaisselle, chez nous, ça se passe comment ? D’abord, nous sommes 4 à table deux fois par jour (petit-déjeuner et dîner), 1 à 3 à midi, mais n’utilisons pas énormément de vaisselle. Les adultes ne boivent pas pendant le repas et n’ont donc pas de verre. Je prépare régulièrement de grands bols d’aliments variés et prédécoupés, nous n’avons donc quasiment jamais de couteaux à table… Bref, le minimum nécessaire est mis à disposition et donc sali. Je prépare généralement les repas dans un ensemble de cuisson Baumstal (vapeur douce) et une poêle. Quand j’utilise d’autres ustensiles, saladier, blender, cuillère en bois ou spatule, je les lave au fur et à mesure de la préparation.

Deux garnements qui ont enfin retenu la leçon

Nous nous astreignons à laver la vaisselle (presque) tout de suite après le repas, un pli que nous avons pris il y a quelques années, quand nous avons (enfin) compris que les restes de céréales, de légumes cuits, peau de poisson ou gras de viande, collaient aux casseroles après quelques heures à l’air libre. Je dis nous, parce que Marc et moi étions tous les deux plutôt flemmards dans notre ancienne vie, lui avec un lave-vaisselle, moi avec un mari qui faisait le sale boulot (mea culpa). Comme deux garnements qui ont enfin retenu la leçon, nous sommes des repentis du laisser-aller.

Pour procéder à la dite vaisselle, nous disposons de quelques rares outils : un bloc de savon de Marseille (pour bien le choisir, lisez le billet idoine chez Consommons sainement), une brosse à casserole en bois à fibres végétales (compostable) et un grattoir métallique (très longue durée). Nous conservons aussi sous l’évier une brosse en bois à manche long pour frotter les grands pots en verre, le bol du blender ou autres, et deux petites brosses – dont un goupillon – pour nettoyer l’extracteur de jus (vendues avec). Je change de brosse à récurer tous les 8 mois environ, quand les poils partent dans tous les sens et que l’ensemble n’est plus très hygiénique (aliments trop coincés, bois imbibé d’eau…). J’en ai une en rab’ pour 2018, pas d’achat prévu donc.

Produits hautement toxiques pour l’environnement

De quoi nous passons nous ? D’éponges classiques, avec face abrasive, d’abord. La Droguerie écologique en propose à base de matières recyclées, certes, mais elles ne sont pas zéro déchet (on ne peut pas les mettre au compost). Nous nous passons ensuite de liquide vaisselle, ultra-dégraissant et moussant. Comme le reste des produits ménagers classiques, ce liquide vaisselle contient des agents de surface (ou tensioactifs), irritants pour nous et toxiques pour l’environnement, des parfums et colorants (mêmes effets néfastes), ou des phosphates faiblement biodégradables et déséquilibrant pour les milieux aquatiques naturels.

Nous n’avons pas besoin de ce type de produits car nous ne faisons pas cuire de viande grasse (ou extrêmement rarement), ne faisons quasiment jamais de friture et utilisons de l’eau très chaude pour dégraisser. Nous séchons la vaisselle après l’avoir lavée, afin d’éviter les traces d’eau ou de calcaire. Pour cette dernière étape, un torchon en coton ou en lin fait très bien la blague.

Convaincus ?

5 commentaires sur “5”

  1. Evidemment, nous direz-vous, faire la vaisselle soi-même, ça demande plus de temps que d’utiliser un lave-vaisselle, non ? N’ayant pas de lave-vaisselle, nous ne pouvons comparer, mais bon, on peut soupçonner que charger et décharger un lave-vaisselle demande, montre en main, moins de temps que de faire 3 vaisselles manuelles par jour.

    Encore que… Pour rentabiliser un lave-vaisselle, on va le prendre assez grand pour ne le remplir au mieux qu’une fois par jour. Outre le fait que ça suppose de posséder plus de vaisselle, que ça bouffe de l’électricité en plus de l’eau et que ça suppose un minimum d’entretien (anticalcaire, par ex.), le charger et surtout le décharger, en séchant et rangeant les ustensiles, ne se fait pas façon Sorcière bien aimée !

    Bilan chrono mitigé, non ?

  2. Coucou,
    Vous connaissez mon avis sur la question du lave vaisselle 😅.
    Même si nous ne sommes que 5 à la maison, la vaisselle est une corvée que je souhaite m’épargner.
    Mais je suis pourtant sensible à l’argument concernant la toxicité des produits type liquide vaisselle.
    Je suis donc à la recherche d’une recette de produit lave-vaisselle maison avec des composants plus naturels.
    Il me semblait que la consommation d’eau d’une machine performante permet de faire des économies d’eau ?
    Bises les 0 déchet

    1. Hello Caroline ! C’est super si tu es motivée pour faire ta poudre toi-même ! Tu trouveras de nombreuses recettes de poudre ou liquide vaisselle écologiques sur les blogs, comme celle-ci par exemple http://www.bioconsomacteurs.org/agir/agir-au-quotidien/trucs-et-astuces/recette-faire-soi-meme-sa-poudre-ecologique-pour-lave
      Elles sont généralement à base à base de cristaux de soude et de percarbonate ou bicarbonate de sodium.
      Bons essais 😉

  3. Bonjour

    Je serai intéressée par un retour d’expérience, en particulier sur les manches des couverts qui sont souvent en matière synthétique. En effet je pense que moins polluer sera l’une de mes résolutions pour 2018. Mais ma démarche sera sans doute plus lente et moins aboutie que celle de la famille de Marie que j’admire.
    Un bon prétexte pour utiliser un lave-vaisselle: on casse moins d’assiette et de verre donc on est pas obligée d’en racheter….

    Très belles fêtes de fin d’année
    Sylvie

    1. Bonjour Sylvie,
      Merci pour votre commentaire ! Concernant les couverts, nous avons à la maison des fourchettes et couteaux tout intox ou avec manches en bois. Il nous reste quelques cuillères à soupe avec manches en plastique, qui finiront un jour à la poubelle, malheureusement. Pour ces items, mieux vaut prendre de la qualité et les faire durer le plus longtemps possible (par exemple en aiguisant ses couteaux sur une pierre prévue à cet effet – increvable).
      Selon Marc, les couverts métalliques sont à déposer en déchetterie, avec filière de recyclage derrière.
      Très belles fêtes également et bravo pour vos résolutions 🙂

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