Le poubellomètre, pour parler un peu d’économie

Poubellomètre (MH)

Tadaaa ! Voici le poubellomètre, qui est à nos déchets ce qu’un thermomètre est à nos fièvres, il mesure l’ampleur du mal. Bon, c’est pas non plus l’invention du siècle, un simple tableau Excel, avec des cases à remplir au fur et à mesure de la progression notre défi. Mais il va cumuler, jour après jour, semaine après semaine, le poids de tout ce que nous produirons comme déchets, ce qui apportera un peu de rigueur quantitative à notre expérience.

Filières de tri plutôt bien organisées

A Strasbourg, les filières de déchets sont assez bien organisées. Bac jaune pour les déchets recyclables (papiers, cartons, contenants plastiques et métalliques). Déchèterie pour les déchets non-ménagers et non-dangereux (il y en a une à 5 min de chez nous). Point d’apport volontaire pour les contenants en verre. Déchèterie spécialisée pour les déchets dangereux (produits chimiques, par ex.). Des filières spécifiques pour le réemploi (ENVIE pour l’électroménager, par ex.). Et, bien sûr, bac bleu pour ce qui reste, à savoir les « ordures ménagères résiduelles », c’est-à-dire tout ce qui ne va pas ailleurs qu’à l’incinérateur.

A l’usine de traitement des déchets recyclables de Strasbourg (Photos MH)

A cela, nous ajoutons un exutoire pour les bio déchets, terme technique pour dire « compost », puisque nous avons la chance d’avoir un jardin potager. Sans ce jardin, ces bio déchets seraient versés dans notre bac bleu, sauf à rejoindre un des composteurs collectifs « de pied d’immeuble » qui se multiplient dans notre agglomération depuis quelques années.

Bref, l’outillage est bien fourni pour faciliter le tri des déchets. Mais trier n’est pas réduire, bien au contraire.

Graphique poubellomètre (MH)

Depuis des mois, l’incinérateur strasbourgeois est à l’arrêt pour des travaux de modernisation et de désamiantage. Les 120 600 tonnes d’ordures ménagères résiduelles que les habitants de l’Eurométropole produisent chaque année (soit 254,9 kg par habitant en moyenne, quand même en-dessous de la moyenne nationale) partent donc par camion vers d’autres incinérateurs en France et en Allemagne ! Et le centre de traitement des déchets recyclables du Rorhschollen traite annuellement 27 000 tonnes de déchets recyclables (bacs jaunes).

Les déchets, opportunités pour créer de l’activité ?

Ces chiffres ne diminuent que très lentement. Et on ne peut que s’étonner que si peu de personnes fassent le lien entre le coût économique et écologique exorbitant qu’implique l’arrêt de notre usine et la nécessité d’accélérer la réduction des déchets à la source. C’est que, dans les concepts de « développement durable » qui font les tartines sucrées de nos élites, les déchets, comme toutes les pollutions, sont des opportunités pour créer de l’activité économique. Les déchets, c’est bon pour l’emploi. Vraiment ?

Notre défi, c’est donc aussi cela : dire que ces masses énormes de déchets ne sont pas inéluctables et que leurs impacts économiques, sociaux et écologiques peuvent être évités. J’aurai l’occasion de revenir sur l’ « économie du déchet » et cette idée trop bien admise que les déchets créent de la richesse, des emplois et de l’énergie… et de dire que bien sûr l’économie Zéro déchet existe aussi, nettement plus vertueuse.

Pour l’instant, notre poubellomètre décolle de zéro sur le recyclable (verre, compost, papier/carton/métal). J’en publierai chaque mois le décompte précis, catégorie par catégorie.

1 commentaire sur “1”

  1. Le poubellometre pour parler d’économies?
    Je suis basée à Selestat, mes déchets sont très faibles car nous achetons responsables et jetons que peu de choses.
    Toutes fois la smictom refuse de me diminuer mon bac que je sors 1 fois par mois (sortis y a 2 semaines, toujours vide à ce jour)
    Donc pas d’économies niveau poubellometre selon moi…

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