Libérons mes poils !

Madonna – 2014 (Capture MH)

Il fallait s’y attendre, après le sang, le poil. J’avais promis à ma sœur que je ne ruinerais pas ses efforts (comme les miens, certes plus timides…) pour déconstruire l’image des écolos forcément hippies-poilus-en-ponchos-péruviens par une prise de position pro-poils. Et bien c’est mort, ne m’en veux pas. (Et remercie-moi d’illustrer mon propos avec une photo de Madonna plutôt qu’avec celle de mes propres aisselles, ha ha ha !)

3 mois qu’ils poussent en liberté

Remarquez, je ne propose pas de libérer tous les poils de tous les pubis, de toutes les aisselles, de toutes les « demi-jambes ». Juste les miens. Parce que ça fait 3 mois qu’ils poussent en liberté et que je les regarde (complètement à l’insu de mon plein gré) de plus en plus de travers, avec une curiosité vaguement ennuyée (et une petite grimace sur le visage). Ils sont fins et brun clair, pas trop abondants, mais n’ont jamais été aussi présents, longs et… là. Ces dernières semaines, en débardeur, je me suis surprise à réprimer un étirement des bras vers le ciel pour ne pas les exposer en public. Dingue !

Historique rapide (et assez banal). De l’âge de 13 ou 14 ans à 23 ans, j’ai éliminé ces poils (aisselles, maillot, jambes des chevilles aux genoux) au rasoir jetable, avec la mousse chimique qui va bien, sous la douche. Puis, pendant 10 ans, j’ai fréquenté tous les mois les cabines des instituts Body Minute, avec abonnement. Un type d’épilation à la cire pas bio du tout, avec bandes de papier, le tout direction la poubelle bleue. Depuis 2 ans, j’ai lâché l’abonnement et n’y vais plus que tous les 2 ou 3 mois, en fonction des saisons, mais ne me rase ni ne m’épile jamais à la maison. Je tolère le poil, mais ne lui permets pas de s’étendre plus que de raison.

Epilation ZD : cire orientale ou rasoir inox

Depuis la fin juillet, et plus encore depuis le début du défi SOSD, je réfléchis à cette question de l’épilation ZD, mais également à la possibilité de ne plus m’épiler du tout. J’en discute avec mes amies – toutes féministes, toutes épilées -, je lis, je m’interroge. Future naturopathe, je ne peux que regretter que l’intérêt physiologique du poil soit si méconnu, lui qui absorbe la transpiration, régule la température, participe au sens du toucher… J’aime le manifeste tranquille et drôle de celles qui ne s’épilent plus, l’idée de laisser choir une laisse de plus qui nous attache au marketing et à la vision fantasmée de la femme éthérée et transhumaine, sans poils ni règles, libérée (pour le bénéfice de qui ?) des affres de sa si vile nature.

Alors bien sûr, je testerai sans doute au printemps la cire orientale (ou l’épilation bio chez Dr Hauschka dont mes collègues vantent les mérites) et enjoins fortement celles qui se rasent régulièrement d’investir dans le rasoir en inox (je suis contre les épilateurs électriques suite à une mauvaise expérience adolescente, et puis c’est pas très low tech…). Mais pour l’instant, mes poils et moi apprenons à nous connaître, à nous apprécier, à nous comprendre. Défaire un conditionnement de 35 ans ne se fait pas dans un claquement de doigts, et, à en croire la discussion que j’ai eu avec ma fille de 9 ans sur le sujet (« mes poils sur les jambes, maman, c’est moche ! C’est à quel âge que j’ai le droit de les enlever ? »), ce conditionnement est déjà bien ancré dès l’enfance…

6 commentaires sur “6”

  1. Mes poils à moi, je les tolère, un peu … J’ai longtemps usé du rasoir (1/2 jambes et aisselles) en été, et de pas grand chose en hiver. Etant nantie, à la mason, de plein de mecs pratiquant la barbe de 3 jours, j’ai un jour piqué la tondeuse de l’un, pour voir. Et bien c’est top. Un petit coup de tondeuse sous les bras, sur les jambes (sans le truc qui permet de régler les millimètres), ça peut même servir pour le pubis quand les poils sont trop longs à mon goût. 😉

  2. Effectivement, je me faisais cette (banale) réflexion récemment, l’homme peut s’accepter tout entier comme il est, avec poils, taches sur le visage, rides, cheveux gris, veinules éclatées…. nous les femmes, passons notre vie à lutter contre notre nature, donc contre nous même….
    Merci pour votre blog et vos réflexions.

      1. Oui, je préfère rester coi, l’hôpital risquant tout à vouloir se moquer de la charité. Je remarque quand même que la mode anti-poils s’attaque désormais aux hommes, qui sont de plus en plus nombreux à se vouloir glabres d’un bout à l’autre de leur épiderme. C’est quoi, cette folie ?

  3. Même débats intérieurs en ce qui me concerne. Pour ma part, je tolère 10 mois par an pour les jambes et les aisselles, je vais en institut quand je craque (généralement c’est lorsque je veux mettre une jolie robe pour une grande occasion) et je teste l’épilation laser côté maillot depuis une douzaine d’années. Solution quasi ZD, mais pas donnée (90€?). Heureusement ça dure un bout de temps (4 ans en moyenne). A faire de préférence chez un.e dermato. J’ai une adresse sur Stras’ si ça te tente…

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