[Marc] Costard blues 2 : à l’insu de mon plein gré ?

Notre armoire (Photo MH / SOSD)

D’emblée, je remercie de leur amicale sollicitude toutes celles et ceux qui se sont inquiétées de mon état de dépendance au SOSD, à la lecture du billet sur mon « costard blues » : ça m’a fait chaud au cœur, mais, derrière ces élans, je vois bien ce qui se trame aussi : je ne serais pas si libre que ça, ce défi m’aurait été imposé et m’emm… plus qu’autre chose, me réduisant à un faire-valoir des lubies de ma chère Marie.

Relater les états psychologiques par lesquels le défi nous fait passer

Il faut dire que mon billet pouvait paraître un rien larmoyant. Je l’ai relu à l’instant, il l’était. Mais, comme tous nos billets, il reflétait mon état d’esprit, ce qui est quand même l’objectif : relater, outre les écueils pratiques que nous rencontrons durant cette expérience, les états psychologiques par lesquels il nous fait passer. Et c’est vrai qu’au moment de rédiger ce fameux billet, j’en avais marre de mon peu d’habits et de mon toujours les mêmes habits. Mettez-vous à ma place.

Aujourd’hui, ça va mieux. Pourquoi ? je n’en sais rien. Peut-être est-ce parce que le printemps se rapproche ? Un rythme revenu, après la période de reprise post-congés festifs ? La découverte de quelques trésors cachés dans mon placard (Marie, ce matin : « Ha, finalement, vous l’aimez bien, ce pull à capuche ? »). Bref, ça va mieux, mais rien ne dit que le costard blues ne reviendra pas subrepticement, un jour plus gris que les autres.

Je subirais le SOSD à l’insu de mon plein gré ?

Voilà pour le fameux billet, mais que dire de ce qu’il a alimenté chez certains d’entre ses lectrices et lecteurs ? Pauvre de moi, je subirais le SOSD à l’insu de mon plein gré. A fortiori, depuis qu’il s’est doublé de nouveaux challenges, plus alimentaires, ceux-là : plus de sucre, ni d’alcool, ni de viande rouge, ni de tabac, mais où s’arrêteront-ils (ou plutôt, jusqu’à quand Marc acceptera-t il de subir cela) ? Cette ascèse, que les moines les plus reclus rechigneraient à suivre, on me l’imposerait par hypnose, par magie vaudoue, par radicalisation ou, pire, par amour ?

On ne va pas se mentir. C’est Marie qui est le moteur. Seul, de mon propre chef s’entend, je n’aurais jamais tenté ce type d’aventure. Vous me connaissez (ou pas), j’ai une tendance assez marquée à la paresse, où la nonchalance le dispute à un amour immodéré pour un certain confort de vie et de plaisir. Au contraire de la fainéantise, la paresse conduit à porter son énergie sur les seules choses qu’on juge assez importantes pour le mériter.

Ces rives connues de tous, où la vie présente ses factures

Et, avant de se frotter à Marie, la paresse dominait déjà, mais je ne jugeais pas important, à l’abord des 50 ans, de prendre soin de moi, de mon état physique et psychique, quand bien même cet état se dégradait lentement et inexorablement. Bref, je me laissais glisser. Vers ces rives improbables et pourtant connues de tous, où la vie présente ses factures, où le corps se rappelle ses fractures et où l’esprit se délite et s’ankylose. La belle retraite, mais l’insidieuse retraite. La retraite Sécurité Sociale. La mortelle retraite.

Retraite désormais ralentie, voire reportée sine die, grâce à l’énergie de Marie. Mens sana in corpore sano, que diable ! C’est pas parce qu’on a franchi le demi-siècle , depuis belle lurette en plus, qu’il faudrait faire une croix (et quelle croix !) sur le demi-siècle qui reste ! Et quoi de plus sûr et efficace que les recettes de Marie : végétarisme (devenu flexivorisme bio), minimalisme (ô légèreté !), détox du corps (le jeûne et les Tibétains pour rester jeune) et de l’esprit (revenir à ses vrais besoins, chasser les mauvaises ondes) ?

Notre aventure est familiale

C’est Marie qui étudie la naturopathie et toute l’écologie qui va avec, mais c’est nous (j’y compte Alice et Simon) qui les expérimentons. De l’iridologie à la réflexologie, des signes digitaux aux postures de yoga (là, j’avoue, j’ai du mal), des shampoings solides aux peintures naturelles, Marie progresse et nous apprenons, Marie apprend et nous progressons. Notre aventure est familiale. Au passage, où irait une telle aventure si elle n’était pas  familiale, les uns ne croquant que du vert, les autres se baffrant de charcutaille ?

Et c’est peu dire que j’en ressens déjà les bienfaits : mon cardiologue m’a soufflé, quand je l’ai quitté (pour longtemps, je pense) : « Ne le répétez pas, j’en perdrais ma clientèle ! », j’ai retrouvé le poids de mes 18 ans, mes douleurs articulaires ont disparu… Et vous voudriez que je me révolte ?

Le sucre, par exemple, faut-il que je finisse par le reconnaitre, c’est mon addiction séculaire, empiffrée de décennies de chocolats, de pâtisseries et de sorbets. On peut rester fainéant et se laisser caraméliser à feu doux par ses plaisirs fatals. Ou chercher ailleurs son énergie et la mettre à se libérer de cette emprise sournoise. Cela fait un mois que je ne mange plus de sucres ajoutés ou raffinés et déjà, cette énergie renouvelée me vient : pourquoi devrais-je m’en passer ?

Le zéro déchet est aux objets ce que le jeûne est au corps : une détoxication

Bref, tout cela est voulu, pensé, scruté, pour en tirer des leçons pour une vie tout juste meilleure et heureuse et la plus longue possible. Une vie d’écologie ultimate, le zéro déchet étant aux objets ce que le jeûne est au corps, une détoxication. C’est notre expérience, nous la partageons ici. D’ailleurs, pour l’estocade, si j’étais contraint, je ne pourrais n’en vouloir qu’à moi-même, qui ne fus pas innocent dans la vocation nouvelle de ma Marie adorée…

En bon paresseux, je mets mon énergie à en retrouver. Donc, qu’on se le dise, je ne vais pas créer le hashtag #balancetanaturoquiteharcele, mais plutôt le hashtag #simplifiersavieavecmarie.

3 commentaires sur “3”

  1. merci vous quatre…… trop forts…… je suis addict de votre blog,
    même si le blues m’a donné du blues…. et j’ai craqué aux soldes…… un petit peu……
    Heureusement , Marc a répondu merveilleusement et amoureusement à ses choix….. que je comprends…..mais difficile à suivre parfois …..
    Lentement et sûrement: prise de conscience nécessaire quotidienne…..
    pour SIMPLIFIER LA VIE….. MERCI….. de tout coeur avec votre choix…
    La naturopathie m’a déjà soulagée….. bonne route à vous ensemble…..

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *