[Marc] Des Lämmele « en vrac », au risque de contrarier la joie pascale…

Laemmele de pâques dans la famille de Marc (Photo SOSD)

Après les Bredele de Noël, les Lämmele et les Geggele de Pâques. Chez nous, les traditions culinaires religieuses ont du bon. Du très bon, même. Si les Bredele de Mamema sont les meilleurs du monde, les Lämmele de Mamema sont les meilleurs du monde, aussi. Les Geggele, quant à eux, viennent de chez Stoffel, chocolatier à Haguenau, bons donc, mais pas bio, ni trop raffinés. On attend que Mamema se mette au chocolat pour déguster les meilleurs chocolats du monde.

Mais je m’égare. Vous aurez compris que, depuis 57 ans, je suis biberonné à ces délices sucrés qui rythment le calendrier chrétien, à un degré qui ferait pâlir Proust et sa madeleine. Mon propos est plutôt ici de confronter ces belles traditions à notre défi SOSD et, au passage, à notre défi sans sucre. C’est pas gagné.

J’ai mordu les fesses du premier et croqué la coque brune des seconds

Pour le défi sans sucre, on repassera. Je n’ai évidemment pas pu résister à l’appel du Lämmele et du Geggele. J’ai mordu les fesses du premier et croqué la coque brune des seconds, sans coup férir. Mea culpa, mea maxima culpa. Ce n’est pas tant l’addiction au sucre qui a joué ici, que je réussis tant bien que mal à maîtriser depuis janvier. Non, ce sont toutes les chaleurs enfantines, les odeurs de cuisson sucrée et les moments d’attente gourmande du matin de Pâques, toutes ces douceurs qui enrobent les chocolats qui ont fait sauter la barrière. Une addiction de gosse, vieille de 57 ans, contre une résolution d’adulte, datée de 3 mois, le match est vite plié. Irrésistible, je vous dis.

Si côté sucre, c’était la fête du fail, côté zéro déchet, il faut que je m’incline devant l’abnégation dont Mamema et Papepa ont fait preuve à notre égard cette année. Je vous explique.

Pour Mamema, la tradition doit être complète. Il ne suffit pas que ce soit bon, il faut aussi que ce soit beau. Donc, depuis des temps immémoriaux, Mamema dresse, à chaque Pâques, une bergerie pleine de Lämmele, un Lämmele par époux, enfant, petit-enfant et arrière-petit-enfant, ça fait du monde (me vient le doute sur le fait qu’elle en prépare pour… elle ? A vérifier l’an prochain).

Elégamment posé sur une couche d’herbe factice

Chaque Lämmele, blanchi au sucre en poudre bien comme il faut, est élégamment posé sur une couche d’herbe factice, elle-même disposée sur une assiette en carton et parsemée d’œufs en chocolat, certains emballés, le tout emmailloté dans un papier cadeau translucide, tel un bouquet de fleurs. J’oubliais : chaque Lämmele porte un cordon en papier autour du cou, retenu par un petit drapeau pascal dont le mât est en métal et la flamme en papier. Tous ces agneaux sont rigoureusement identiques, pour ne pas faire de jaloux parmi la progéniture gourmande, même taille de Lämmele, même nombre de chocolats… au gramme près.

Bref, sans avoir fait HEC, Mamema a aussi ses règles de marketing, qui font de l’emballage la bonne moitié du succès du produit. Et on sait que l’emballage n’est pas l’ami de l’écolo.

Au risque de contrarier la joie pascale

Et voilà-t-y pas que le fiston déboule avec son défi zéro déchet. Défi psychologique immense pour moi : au risque de contrarier la joie pascale et d’écorner l’amour maternel, suggérer que les Lämmele qui nous seraient destinés nous soient livrés « en vrac », si l’on ose dire. Juste les Lämmele (« Sans drapeaux ? » – « Oui, sans les petits drapeaux »), juste les chocolats (« Sans leurs emballages ? » – « Ben, ce serait top…! »). Et on viendrait les chercher avec un plat pour y disposer les Lämmele et une boite métallique pour les chocolats.

Mamema est cool. Elle absorbe toutes les lubies de ses enfants, sans toujours chercher à les comprendre, dès lors qu’elles lui semblent les rendre heureux. Papepa est cool, qui s’en amuse et s’est amusé à dépioter nos chocolats de leur emballage alu, un par un.

Résultat : des Lämmele zéro déchet. Qui nous ont paru encore meilleurs que l’an passé, allez chercher pourquoi.

Les Laemmele et chocolats, « en vrac » (Photo SOSD)

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