[Marc] Être visible à vélo, des goodies ou rien du tout ?

Goodies du challenge Au boulot à vélo (Photo / Sandra Guell)

Sinon un déchirement, du moins un grand écart. Dans mon job de « responsable environnement » à la Ville d’Illkirch-Graffenstaden, je me suis fort logiquement retrouvé à initier et animer la participation des élus et agents de ma collectivité au challenge « Au boulot à vélo » : allez, les mecs et les mecquesses, on prend son vélo pour aller bosser, c’est cool !

Des lunettes en plastiques siglées « Véloptimiste »

Ce challenge est une invention de l’association Cadr67, qui en est à sa neuvième édition. Quelque 250 entreprises, institutions et collectivités se mobilisent pour inciter leurs personnels à faire le plus de kilomètres possible à vélo, pendant les quinze jours que dure ce challenge. Ce qui fait quelques milliers de personnes qui font l’effort de laisser leur voiture au garage et qui pédalent au moins deux semaines dans l’année (youpie). Belle opération de promotion du vélo et de visibilité des cyclistes, dans cette agglomération qui est régulièrement classée la plus cyclable de France (Illkirch l’a été aussi, cette année, dans sa catégorie).

Sauf que, pour assurer et augmenter cette visibilité, les organisateurs n’ont rien trouvé de mieux que de distribuer aux participants des petits drapeaux, estampillés Au boulot à vélo, à fixer sur son guidon. Pire, l’Eurométropole en a rajouté, en distribuant des lunettes de soleil jaunes, siglées, elles, « Véloptimiste ». Tous ces goodies livrés sous blister, comme il se doit.

Balancer des milliers de blisters aux quatre vents

Alors, je fais quoi, moi, pour être cohérent avec mon autre job, qui est de faire baisser les déchets dans les services municipaux, et surtout avec mon engagement personnel dans notre défi SOSD ? D’ailleurs, mon directeur ne s’y est pas trompé, qui m’a rétorqué, lorsque je lui tendais sa paire de lunettes jaunes : « Dites donc, Marc, c’est pas très zéro déchet, ça ?! »

D’abord, je peux pester contre les organisateurs du challenge, en les accusant de ne voir l’écologie qu’à travers la Petite Reine, tout en balançant des milliers de blisters aux quatre vents, dont la pollution annulera une bonne partie des gains écologiques atteints par les cyclistes. Certes, cette incohérence ne leur est pas propre, on peut l’observer dans les magasins bio (où les emballages abondent) et plus encore dans les services mêmes de l’Eurométropole, qui n’en sont pas à leur coup d’essai. Ensuite, espérer échapper à ces goodies envahissants pour la prochaine édition du challenge…

Un cycliste nu est un cycliste vu

Malgré tout, j’en prends mon parti : ces goodies rendent les participants au challenge visibles dans l’espace public, tant par les autres cyclistes que par les automobilistes. Ces petits fanions leur disent : voyez, si je le fais, vous pouvez le faire aussi ! Et on espère que ces fanions resteront rivés aux guidons bien après le challenge, pour continuer à délivrer ledit message. Et recruter tant et tant de nouveaux cyclistes. A défaut de fanion, on peut aussi tenter ça… (C’est ZD et bio.)

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