[Marc] Le don du sang n’est pas zéro déchet

Don du sang : pas ZD ! (Photo MH / SOSD)

C’est une habitude que j’ai prise, il y a une quinzaine d’années, lors d’un de ces appels aux dons réguliers que lance l’Etablissement français du sang (EFS). Je ne me souviens plus de ce qui justifiait cet appel, mais j’y suis allé pour répondre à l’urgence. J’y vais régulièrement depuis, au détour d’une escapade en ville, d’une réunion ou d’un retour de boulot : le don du sang (ou de plasma ou d’autre chose de si précieux que notre corps produit généreusement).

Ce geste somme toute assez simple, voire banal, prend cependant une tout autre dimension, lorsque, comme moi, le donateur est investi dans une expérience zéro déchet (pas sans achat, puisque le don est gratuit, on ne paie pas et on n’est pas rétribué pour donner).

La piquouze, les poches, les sparadraps, les compresses, les tubes…

Le don lui-même, en tant qu’acte médical, produit sa profusion de DASRI (lisez « déchet d’activités de soins à risque infectieux »), parmi lesquels la piquouze, les poches, les sparadraps, les compresses, les tubes. Difficile à éviter, surtout depuis le scandale du sang contaminé, essayez de leur parler de trucs réutilisables, pour voir.

La compresse et le bandeau qui, après mon don, enserraient mon coude (« pendant au moins deux heures, hein ! », selon l’injonction de l’opératrice), pour colmater l’hémorragie, se sont donc retrouvés dans ma poubelle résiduelle. Inévitable ?

Si les DASRI semblent inévitables, le don du sang produit d’autres déchets, qui, eux, pourraient facilement être évités.

D’abord, quand vous arrivez, après ou au cours des petites formalités d’enregistrement et avant le passage chez le docteur, on s’assure que vous êtes suffisamment nutri pour donner. Si vous vous pointez après un repas, c’est bon. Par contre, si vous arrivez en fin de matinée ou d’après-midi, attention, le don du sang peut vous faire tomber dans les pommes. Donc, buvez et mangez, avant de dire « ceci est mon sang ». Sauf que ce que l’EFS vous propose, c’est du sucre rapide, industriel et suremballé ! Perso, j’avais prévu le coup et avalé une banane avant de venir à l’EFS. Cela m’a exonéré d’une syncope ou d’une entorse gravissime à notre défi.

Des collations suremballées et industrielles !

Ensuite, rebelote lors de la collation que l’EFS vous offre après votre don, histoire de vous requinquer. Passage obligatoire à cette collation, sinon ils ne vous laissent pas partir. Logique.

Ladite collation est toujours de bonne facture. Je choisis la version végétarienne (oui, il y a !), cuisinée de frais, qui me rassasie bien. Une bouteille d’eau (aïe, en plastique!), que je vide au goulot, délaissant le gobelet en carton qui l’accompagne. Et je laisse les portions de fromage individuelles et suremballées, ainsi que le yaourt lui aussi industriel et en pot plastique. Les couverts eux sont réutilisables, un bon point.

Il faudrait peu de choses pour que ces petites prestations culinaires soient zéro déchet : une fontaine à eau avec des carafes, des vrais verres à la place des gobelets, des fromages à la coupe plutôt qu’en portions individuelles (ou pas de fromage du tout), des condiments en vrac, des desserts en grands volumes servis dans des ramequins, etc. Cela demanderait certes une petite logistique de lavage, mais qui ne parait pas insurmontable et serait certainement plus économe.

Mais bon, zéro déchet ou pas, le don du sang reste nécessaire. Alors, donnez !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *