Naturopathie et écologie : attention à l’ultra-transformé et à l’exotisme

Superaliments : oui, mais en vrac, bio et avec parcimonie (Photo MH / SOSD)

Elève en naturopathie, j’étudie et pratique la santé naturelle et l’hygiène de vie (mode d’existence conforme à notre physiologie), qui passent notamment par une nutrition adaptée à la vitalité de chacun, à ses capacités digestives ou à ses intolérances éventuelles ; une alimentation qui apporte au corps tout ce dont il a besoin pour fonctionner correctement et le plus longtemps possible : protéines, glucides et lipides de qualité, fibres en suffisance, mais également vitamines, minéraux et oligo-éléments.

A l’école, nous nous initions aux techniques diététiques, telles que les cures de détox, le jeûne ou les monodiètes (avec des aliments locaux, bio et de saison !), et à celle de drainage et de revitalisation, à base d’hydrothérapie, d’exercices physiques ou d’aliments spécifiques, mais également de compléments nutritionnels et de superaliments…

Cultivés ou récoltés à l’autre bout du monde

Régulièrement, nos profs égrainent les noms de ces compléments, conditionnés et vendus par des laboratoires spécialisés, mais également ceux de produits naturels à l’état brut, frais ou séchés, telles que les algues, les fruits ou oléagineux exotiques, les plantes et racines, riches en substances indispensables, mais souvent cultivés ou récoltés à l’autre bout du monde. Dès le début de ma formation, j’ai tiqué sur ces aspects de la pratique du naturopathe, en contradiction avec mon locavorisme préférentiel et mon recours quasi-inexistant aux produits transformés par l’industrie.

Quand nous avons démarré notre défi #SOSD, les choses se sont encore corsées : trouver ce type de produits (compléments ou superaliments) sans conditionnement en plastique est compliqué, voire impossible. C’est pourquoi j’ai décidé de concentrer mes achats et mes tests sur quelques produits seulement, favorisant par ailleurs la phytothérapie (plantes en vrac, cultivées en France), l’aromathérapie (huiles essentielles, dans des contenants en verre recyclable) et quelques rares superaliments, accessibles en vrac et en bio dans des boutiques de Strasbourg.

Bilan carbone loin d’être neutre…

C’est le cas par exemple des baies de Goji (ci-dessus), vendues chez BioClaire à la Robertsau, des canneberges (cranberries), que je trouve sur le marché de la Robertsau (stand bio), ou de certains fruits exotiques intéressants, disponibles dans des magasins bio tels que Satoriz, à Illkirch-Graffenstaden. Dans ce type de boutiques, j’achète également des oléagineux, noix, noisettes, amandes, etc.

Produits très intéressants dans le cadre d’une alimentation naturopathique, les avocats, les noix de cajou, les citrons, l’huile de coco ou les petits poissons des mers froides ne poussent pas au coin de la rue. A chacun de trouver un équilibre entre bio/commerce équitable, pêche durable, contenants en verre ou métalliques, et kilomètres parcourus. Le bilan carbone de ce type d’aliments est loin d’être neutre, à ne pas mettre au centre de l’assiette donc !

Plutôt que des compléments alimentaires en gélules ou comprimés, des plantes en vrac en infusion ou décoction (Photo MH / SOSD)

J’ai fait une croix sur certains produits

En parallèle, j’ai dû faire une croix sur certains produits comme la levure maltée (pourtant un truc que j’adore !), mais aussi le cacao cru, que j’ai du mal à trouver sans sucre et sans emballage (mais on me souffle qu’on trouverait du cacao cru sans sucre et en vrac au marché de la Marne sur le stand de la Chocolaterie du Pré…), sur certaines algues aussi, conditionnées dans des sachets plastiques, et me suis concentrée sur celles vendues fraiches en pot en verre.

Achetée avant le défi, j’utilise de la spiruline et de la chlorelle en poudre de chez Sol Semilla à Paris, dans des emballages non-recyclables, qui iront dans ma poubelle quand ils seront vides. Il était possible de trouver de la spiruline locale, à Plobsheim. Mais, à découvrir le site, ce n’est visiblement plus le cas. Certains superaliments produits localement, comme le pollen ci-dessous, sont vendus dans des contenants en verre ou en carton. A privilégier.

A chacun ses arbitrages

Par nécessité de tester quand même certains compléments alimentaires triés sur le volet, j’ai passé commande sur le net cet hiver et me suis retrouvée avec des tonnes de plastique, à réutiliser pour un prochain envoi (externalisation du déchet !). Les contenants sont généralement en verre ou en plastique, mais recyclables (ouf). Ne pas en abuser néanmoins ! Je fais deux ou trois cures d’un mois par an, de pro-biotiques, vitamine C naturelle (acérola) ou de tisanes détox (ortie, reine des prés, chardon-marie), que j’essaie de dénicher avec le moins d’emballages possible…

A chacun de trouver son équilibre et de faire ses arbitrages, en n’oubliant pas qu’une alimentation bio, locale et de saison, où les végétaux (légumes, fruits, céréales, légumineuses…) représentent au moins 80% des portions, est la base d’une bonne santé. A laquelle s’ajoute de l’exercice, marche, vélo et/ou sport doux, l’amour de ses proches et une recherche de l’épanouissement personnel (et professionnel, si l’on travaille), individuel et collectif. Compliqué ?

Compléments : des contenants pas toujours recyclables (Photo MH / SOSD)

8 commentaires sur “8”

  1. Bonjour Marie,
    Je risque un petit commentaire ici pour vous dire qu’on trouve chez moi de la levure maltée en vrac (et Bio), et bientôt également de la spiruline (de la coopérative Essen’ciel) 😉 Bon courage pour votre défi et bravo pour cette belle inspiration !
    Marion (épicerie BeeVrac)

  2. Bonjour Marie,

    Merci pour cet article !
    J’aime aussi beaucoup la levure maltée (dans la vinaigrette notamment… 🙂 et j’en trouve en vrac dans plusieurs magasins bio de Strasbourg, notamment à la Maison Vitale au centre-ville (au stand de pains/fromages).
    Bonne journée,

    Anne

  3. Difficile en effet de trouver son équilibre, surtout quand on commence à modifier son mode de vie et qu’on reçoit plein d’informations de toute part. Mais au fur et à mesure on prend de nouvelles habitudes, on s’adapte et c’est chouette de relever les défis! 🙂

    Sinon pour la spiruline, j’en avais trouvé en vrac dans la boutique « le bocal » à la krutenau. Mais pas sure qu’elle soit bio ni locale…

    1. Intéressant 🙂
      J’avoue que, ces dernières semaines, je fais principalement mes courses au marché et, une fois par mois, chez Naturalia, Satoriz ou équivalent, où il n’y a pas énormément de vrac hors céréales et oléagineux. Je fréquente aussi le magasin BioClaire près de chez moi depuis l’ouverture cet hiver, pratique pour des envies de fruits secs en vrac ou de l’eau en bouteille de verre consigné, mais peu de choix sans emballage tout de même…
      Merci encore pour ces infos !!

    1. Je ne vais pas développer l’intérêt des superaliments ici, seulement te préciser qu’ils ne sont pas une panacée si ton hygiène de vie n’est pas adaptée, mais peuvent aider à combler certaines carences ou entretenir ton capital en vitamines, oligoéléments et anti-oxydants, indispensables au bon fonctionnement de nos métabolismes de base. Un ou une naturopathe t’en diront plus 😉

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