Noël, etc. : minimalisme et ZD expliqués à nos proches

Pommes de pin (Photo MH / SOSD)

« On va faire une déco de Noël naturelle, aller chercher des pommes de pin dans la forêt… » Moi, à mes beaux-parents la semaine dernière. Et dans un élan de grande gentillesse, le père de Marc nous offre cinq belles pommes de pin… dans un sachet en plastique. Un regard de Marc, un silence, nous repartons sans faire de vague. « Je le rapporterai… », me glisse mon cher et tendre.

Bredele en sachets jetables et supers héros en plastique

Même jour, mêmes beaux-parents, nous évoquons les sachets de délicieux bredele que la mère de Marc prépare chaque année avec la plus grande attention. Elle veille à ce que chaque enfant, belles-filles ou beau-fils, chaque petit-enfant (et conjoints) en remporte un même poids, au gramme près. Sauf que les boîtes en métal que nous avons apportées pour qu’elle puisse y mettre nos biscuits (en lieu et place des sachets jetables habituels) ne lui permettent pas de nous assurer du même volume que les autres. Problème, non encore résolu.

Ma famille cette fois. Ma mère tient absolument à offrir des objets pour Hanoucca aux enfants. Je lui dis préférer des sous pour leur offrir de beaux moments ensemble, ou bien qu’elle propose des moments à passer avec eux. Nous avons tout eu : des sous, un moment de fête la semaine prochaine avec les enfants pour allumer les bougies… et des supers héros en plastique (que Simon adore, ok).

Défi SOSD : intenable et extrémiste ?

Le respect de chaque aspect de notre défi SOSD, mais aussi de nos valeurs (écologie, intelligence collective, développement personnel, humanisme…), peut apparaître à certains comme intenable, au vu des conventions sociales qui ont cours en 2017 dans une grande ville française. Consommation quotidienne de biens et services, modes passagères en matière de jouets, de vêtements, de loisirs, école et son lot de mimétisme, Noël et son cortège d’obligations, soumission (relative) aux multiples traditions familiales. Intenable et/ou « extrémiste », comme nous avons pu l’entendre lors de l’une des conférences que nous avons données.

La culpabilisation est à l’œuvre, exprimée en filigrane par certains, imprimée parfois en nous-mêmes : on se prive soi-même et surtout les enfants (ô, argument massue) des plaisirs qu’offrent (sic) la société de « croissance », de la « magie de Noël », de la légèreté d’accepter sans se poser de question tout ce qui vient de l’extérieur, cadeaux, injonctions, publicité…

Et c’est vrai, notre démarche nécessite une vigilance permanente et une attention presque chaque jour renouvelée, au regard des sollicitations auxquelles nous sommes tous soumis.

Peur de blesser ceux qu’on aime

Démarche d’autant plus complexe quand on a peur de blesser ceux qu’on aime ou que l’on craint de donner une image rébarbative de ce qui pourtant nous nourrit et donne, ces derniers mois, un côté ludique et militant à nos actions quotidiennes. Les amis, pour la plupart, nous encouragent, jouent le jeu. Beaucoup nous disent que ce qu’on fait, ils ne « pourraient jamais ». Certains s’inspirent de nos expériences, ce qui nous donne envie de partager, de continuer à écrire.

Mais se mettre en marge (relative ! Je rappelle que nous vivons en ville, travaillons et sommes heureux propriétaires d’un appartement confortable de la Robertsau, pas des marginaux en somme !) est toujours complexe à plus d’un égard. C’est une sensation que nous portons, Marc et moi, à divers niveaux, dans divers contextes, depuis des années. Cette impression d’avancer à côté du sentier, d’être à la lisière de l’univers dans lequel nos professions, nos familles ou nos choix parentaux nous ramènent en permanence.

Evolution profonde de nos comportements

Je ne souhaite pas m’extraire du monde ; bien au contraire, il me passionne. Je prétends encore moins avoir le poids nécessaire pour le changer. Je ne suis pas un colibri et suis intimement persuadée que le collectif – des personnes qui se rassemblent avec un même objectif – est seul capable de faire dérailler le train du capitalisme. Notre démarche familiale, loin du retour à la bougie, vise avant tout à apporter de la cohérence et de la liberté à nos vies. Nous n’avons pas cette prétention de changer la société, mais de montrer qu’une évolution profonde de nos comportements, une réduction de nos empreintes écologiques, est possible, hautement souhaitable et joyeux.

Quitte à se heurter à nos résistances propres et à celles de nos proches. Respect, compréhension, bienveillance. Un vœu pieu à Noël ?

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