Nos anniversaires #SOSD : couches jetables, livre neuf et papier beurré

(Photo CS)

Outre date et horaire, c’est à peu près en ces termes que nous avons lancé, il y a quelques semaines, les invitations à notre week-end d’anniversaire, qui s’est déroulé à la maison, avec quelques amis Strasbourgeois et Parisiens :

« Vous êtes des anges, mais nous n’avons besoin d’aucun cadeau matériel, merci beaucoup (on prend les invitations au resto, les promesses de moments à passer ensemble, les mots doux et les bisous, that’s all) !

Parisiennes, Parisiens, vous qui venez passer un peu de temps sous nos cieux (nous vous en sommes très reconnaissants !), il vous faut imaginer que nous n’avons plus aucune poubelle où placer des couches d’enfant, des lingettes jetables, les pots en plastique de tout acabit, les blisters de magazine achetés pour le train, etc. Grands seigneurs, on va quand même vous trouver un sac plastique pour mettre les couches de bébé et on vous indiquera où se trouve le container ! Le reste, ça rentre à Paris ! Notez quand même qu’il y a un peu de PQ jetable qui vous attend là où il faut ! On est sympa, nan ?

Nous acceptons volontiers les offrandes alimentaires pour le brunch (boissons, tartinades, tartes, cakes, légumes, fruits…), sans emballages non-recyclables, bien sûr (sinon, vous les remportez chez vous en rentrant, on sera intraitable, comme d’hab !). Merci également d’apporter verres en verre, couverts durables et serviettes en tissu pour les agapes, sinon vous boirez dans vos doigts… »

Et j’ai fait quelques coupes. Je vous épargne.

Inviter des amis et leur imposer tant de contraintes ?

Quand il a lu ce mail, rédigé de ma blanche plume, Marc s’est senti profondément gêné. Inviter des amis et leur imposer tant de contraintes ? Compliqué pour lui. Et pourtant, au finish, nous sommes retrouvés à une dizaine d’adultes et autant d’enfants et tout s’est bien passé… Les couches ont été stockées dans un sachet en plastique apporté par les parents, dans lequel ces derniers ont également jeté les petits pots de compote en plastique et les cotons nettoyants – sac qu’ils ont remporté avec eux (et jeté dans la première poubelle publique ou la benne de l’immeuble ? Je n’ai pas demandé…). Le déjeuner participatif n’a généré aucun déchet, les amis ont apporté pour certains des scones (excellents !) ou des gâteaux, des couverts et des verres, et sont rentrés chez eux avec leur matériel lavé (ne reste qu’une petite cuillère qui recherche son papa et sa maman ;)).

Quelques jours plus tard, Marc a reçu une belle bande dessinée de son ami Manu, triste de ne pas avoir pu l’emballer avec du papier coloré. Ne soit pas triste, Manu, c’est un arbre sauvé (enfin, presque) contre un plaisir éphémère ! Le livre est neuf – preuve que Manu n’a pas lu la charte ! – mais ce cadeau nous a fait plaisir à tous les deux. Il faut savoir recevoir et se taire (sur le moment), parfois.

Parce qu’on en était là des « infractions » au SOSD, invitée à dîner chez une amie à Paris, j’ai apporté du beurre aux algues (Bordier, miam !) dont le papier souillé est allé tout droit dans sa poubelle à elle. Mal. A offrir quand je suis invitée loin de mes bases et de ma cuisine, j’achète généralement des tartinades ou des pickles dans des bocaux en verre, mais là, j’ai craqué. Le bon beurre, un luxe ultime quand on n’en mange jamais…

Expliquer ce qui est juste pour nous

Conclusion, malgré la gêne initiale de Marc, je crois que nous avons bien fait de ne pas édulcorer le tableau pour nos amis, bien fait d’expliquer à nos proches ce qui est juste pour nous, et plus encore chez nous, tout en lâchant du lest parfois (mais pas trop souvent, sinon la démarche n’a plus de sens…). A la maison, pour essuyer un vomito ou du jus de pomme renversé, nos amis ont cherché des yeux le Sopalin* ou l’éponge, pour se retrouver avec une lavette ou un torchon en main ; ils ont cherché le lave-vaisselle avant de faire un brin de vaisselle à la main, au savon de Marseille et à la brosse, ont jeté un œil distrait au compost ou aux dentifrice et shampoing solides.

Ce qui a généré le plus de discussions (entre femmes, exclusivement…), ce sont la fréquence des courses alimentaires et le temps de préparation des repas, tandis que personne n’a plus commenté le PQ lavable ou les mouchoirs en tissu. Nos amis nous connaissent et ne s’apesantissent plus outre mesure sur notre mode de vie. Désintérêt ? Certains sont à fond avec nous, d’autres à mille lieux… et ce n’est pas (si) grave 🙂

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