Pourquoi un an sans objet ni déchet

Notre chemin de vie (Photo MH / Sans objet sans déchet)

Réduire l’engagement écologiste personnel à un choix simple : ne plus acheter aucun objet pour n’avoir plus rien à jeter, tout en ne partant pas vivre nu au fond des bois. Mais curieusement, comme beaucoup d’idées simples, elle n’a pas coulé de source. Elle ne s’est imposée qu’au bout d’un long processus de maturation, que Marie et moi avons vécu ces dernières années. Expériences professionnelles, engagements associatifs, lectures (nombreuses, très nombreuses) et évolutions par petites touches de notre mode de vie… Tel a été le chemin qui nous a menés au point d’insatisfaction qui est le nôtre aujourd’hui.

Nous faisons déjà beaucoup…

Nous faisons déjà beaucoup de choses pour réduire notre empreinte écologique, vivre sainement et gagner en autonomie. Nous ne mangeons plus que des produits bio (avec très peu de viande), cultivons notre jardin, compostons nos déchets de cuisine, filtrons l’eau du robinet, avons banni tous les jetables (y compris le papier toilettes), tous les produits chimiques ménagers et cosmétiques, et presque tous les plastiques de notre quotidien. Nous avons rénové notre logement avec des matériaux naturels et sains, en suivant les principes feng shui. Nous ne prenons l’avion que très exceptionnellement (moins d’une fois par an) et la voiture le moins possible, privilégions le vélo et les transports collectifs dans nos déplacements quotidiens. Nous débranchons notre réfrigérateur en hiver, n’avons ni congélateur, ni four à micro-ondes, ni lave-vaisselle. (Et bien sûr, toutes nos ampoules sont à basse consommation). Nous n’avons ni téléviseur ni smartphone (vive le Nokia vintage !).

Ces choix constituent nos réponses individuelles aux crises écologiques auxquelles nous sommes confrontés : raréfaction des ressources naturelles, crises liées aux énergies fossiles et nucléaire, scandales de l’industrie agroalimentaire, manipulations du vivant par les OGM et les perturbateurs endocriniens, numérisation et flicage inéluctables de nos sociétés et de nos vies grâce aux technologies du net, accumulation vertigineuse de déchets…

Traiter les crises en cohérence

Et pourtant, nous ne sommes pas arrivés au bout de notre chemin. Parce que nous n’avons pour l’instant que traité ces crises, de façon isolée, essayant de leur apporter des réponses isolées les unes des autres. Il nous faut aller au bout de nos constats, dire que ces crises sont cohérentes, qu’elles sont liées les unes aux autres, symptômes d’une seule et même Crise.

La Crise du modèle de développement que l’Occident impose au monde depuis trois siècles (au moins). Croissanciste, prométhéen, technophile, consumériste, oligarchique. Il faut produire pour consommer, consommer pour produire. Dernier avatar de cette Crise : les soubresauts économiques et financiers qui se multiplient depuis 30 ans, creusant les fractures sociales, ici et ailleurs.

Dans ces tourbillons, la perte de sens est vertigineuse. Consommer pour produire, produire pour consommer ! Acheter. Acheter, frénétiquement, même pour rien. Juste pour nourrir l’Ogre et alimenter ses crises. Et s’offrir des plaisirs passagers, envolés dès la prochaine nouveauté du marché.

Expérimenter le non-achat pour vivre mieux

A notre niveau, la crise financière est là aussi : nos revenus ne sont plus suffisants pour pérenniser notre mode de vie actuel, mais nous nous refusons à travailler plus pour gagner plus… pour consommer plus. Il nous faut trouver une autre façon de surmonter notre crise financière : gagner autant, mais dépenser moins.

Notre choix est donc simple : expérimenter le non-achat pour vivre mieux. Frapper ce modèle orgiaque en plein cœur, pour ne plus réduire nos vies aux objets qui les habitent, les envahissent et les accaparent. Démontrer qu’une autre vie est possible, libérée des objets.

Moins d’objets, plus de sens. Plus de place, plus de liberté, plus d’autonomie, plus de silence. Et moins de déchets.

8 commentaires sur “8”

  1. Nous n’en sommes pas encore là, et de loin, mais nous sommes ravis de suivre vos aventures, et nous essayerons d’éviter le non recyclable en venant vous voir !
    Des bises 😉 Béatrice and Co

  2. Hello.. bravo pour le passage à l’acte. Je n’en suis pas encore là,je fais attention à mes achats,la question est de savoir si c’est un besoin ou une envie; je transforme les restes en petit plat appétissant, bref moi petite joueuse, mais je compte bien vous suivre dans votre projet un peu fou mais humain.. encore bravo et bon courage..!!!!

  3. Quelle expérience ! Hâte de suivre l’aventure et surtout d avoir tous vos trucs et astuces pour réduire l’empreinte carbone.
    Je mange moins de viande aussi mais ma question est : avez vous trouvé sur Strasbourg un boucher charcutier qui accepte nos recipients ? J’ai déjà eu plusieurs refus.

    1. Nous allons en magasin bio (avec rayon boucherie, exemples : Naturalia Rotterdam, Vivre bio à la Petite France… ou de temps chez Kirn à la Robertsau (rarement parce que le bio est très rare et très cher chez eux). Dans ces commerces, je n’ai eu aucun problème à faire faire la tare et à ramener mon bocal (mais j’y vais une à deux fois par mois maximum, nous mangeons très peu de protéines animales hors œufs et fromages). Idem pour la poissonnerie de la rue Bœcklin, aucun souci. Il faudrait voir dans les autres quartiers ! L’idée est de faire un peu d’humour avec le commerçants, quitte à passer pour un original, et de fréquenter des petits commerces. Dans les grandes surfaces, je crois savoir que c’est quasi-impossible tant leurs procédures sont rigides. A tester, vous nous direz !

  4. Bonjour.
    Je trouve votre démarche intéressant et courageuse.
    Mais si votre but est de réduire votre empreinte écologique, pourquoi votre choix premier n’est-il pas d’éliminer toute consommation de produits issus d’animaux ?
    En effet, ces derniers ont un impact énorme sur l’environnement (cf. par exemple https://www.viande.info/elevage-viande-gaz-effet-serre).
    Je ne suis pas activiste vegan ou quoi que ce soit, c’est une vraie question.
    Merci.

    1. Vous avez tout à fait raison ! C’est la raison pour laquelle j’ai personnellement été végétarienne stricte pendant 3 ans. Néanmoins, mes goûts et mes connaissances en nutrition m’ont amené à revoir un peu ma copie et nous remangeons un peu de viande et surtout du poisson (petits poissons des mers froides…), une à deux fois par semaine. Peu par rapport à nos contemporains. Nous choisissons la viande d’élevage bio. Idem pour les œufs. Nous ne mangeons que très peu de laitages… Voilà voilà, rien n’est parfait, chacun doit trouver son équilibre ! 😉

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