« Quoi, vous n’avez pas de PQ ?! »

PQ lavable (Photo MH / SOSD)

Je crois que, ces dernières années, c’est le truc qui a fait le plus jaser dans ma/notre démarche zéro déchet. « Quoi, vous n’avez pas de PQ ?! Mais vous faites comment ? » Il y a 6-7 ans, c’était complètement impensable, je, puis nous, ne récoltions que des yeux au ciel. Aujourd’hui, les amis sont un peu plus réceptifs (habitués à l’idée, peut-être…) et, pour la plupart, moins catégoriques sur le rejet pur et simple d’envisager autre chose que du papier toilettes (des arbres coupés ou, au mieux, du papier recyclé) pour se nettoyer les fesses après avoir uriné ou déféqué dans de l’eau potable. Sans commentaire.

Des couches lavables aux lingettes en éponge

Comment c’est venu ? Il y a 9 ans, j’accouchais d’une petite fille. Au bout d’un an, enceinte de son frère et dégoûtée par les montagnes de couches jetables passées à la benne dans l’année écoulée (une TONNE de couches par enfant de la naissance à la continence, soit 3 ans environ, dans nos pays riches), je démarrai l’utilisation des couches lavables pour elle, puis, dès sa naissance, pour son petit frère. Le tout, grâce notamment au coaching intensif et à l’excellent blog de mon amie La Poule Pondeuse.

Je vous passe le laïus sur les couches lavables, vaste sujet qui n’est plus d’actualité chez nous (et sur lequel j’ai, comme d’autres, déjà écrit des romans complets). En même temps que les couches, j’achetai et utilisai des lingettes en éponge lavables pour nettoyer les fesses des enfants. Utiliser du coton ou pire, des lingettes jetables imbibées de produits chimiques, aurait été incohérent avec la démarche CL.

Dans un petit panier à côté des toilettes

Faisant sécher ces lingettes lavables dans mes toilettes de l’époque (très grandes), où se trouvait alors la machine à laver ainsi qu’un point d’eau, j’ai rapidement pris l’habitude d’utiliser ces carrés de tissu pour moi aussi. Et puis, une fois les couches remisées, nous avons continué, les enfants et moi, à en faire bon usage.

Protocole depuis : les lingettes éponge (une trentaine pour une famille de 4 personnes) sont rangées dans un petit panier à côté des toilettes (régulièrement vidé et lavé lui aussi). Après usage, l’utilisateur va mettre sa lingette directement à la machine. Nous avons toujours un point d’eau dans les toilettes, ce qui permet d’humidifier la lingette avant utilisation pour un meilleur confort, ou de la rincer le cas échéant (rare). Après des années de pratique, et utilisant à l’extérieur le papier que je trouve dans les toilettes des autres, je peux affirmer que nos lingettes sont bien plus confortables que du PQ classique (apparu dans les années 1960, hein… comment faisait-on avant ?!). Elles ne se déchirent pas, sont bien épaisses et, humidifiées, nettoient correctement le popotin sans laisser de trace. Hum.

Lavées avec le reste du linge, à 40° ou 60°

Attention : je ne conseille pas de stocker les lingettes usagées hors de la machine à laver (risque de prolifération bactérienne) et préconise des lavages rapides (une machine tous les 2 jours chez nous, maximum 3 jours) à 40 voire 60° de temps en temps (avec nos lessives écologiques, maison ou non, of course). A noter que ces carrés de coton vont sans souci avec le reste du linge : une goutte de pipi ou une ombre de caca n’est pas plus sale que de la transpiration sur un t-shirt ou des tâches de boue sur un pantalon… Quand elles passent à 60°, c’est avec les serviettes de toilette ou les draps. Nous adoptons la même routine pour les mouchoirs en tissu, à la différence près que nous utilisons ces derniers toute une journée avant de la mettre au sale.

Côté sous, les lingettes coûtent environ 1€ à 1,50€ pièce, par lot de 10, 12 ou 15 (voire quelques exemples chez Brindilles). En 8 ans, j’ai renouvelé une fois mon stock (le tissu s’use au fil des lavages et des trous peuvent apparaître). En gros, j’ai dépensé environ 50€ pour torcher nos quatre paires de fesses, celles de mon mari et les miennes, ainsi que celles des enfants, en 8 ans (et j’en ai encore pour 2 ans minimum avec mon stock : 10 ans donc !). J’en ai aussi confectionné moi-même, mais le tissu étant différent, elles ont tenu moins longtemps. J’ignore quel est votre budget PQ (écologique = papier recyclé et rouleaux condensés et longue durée, svp, pour éviter de n’acheter que de l’air : voir ici), mais à raison de 5€ par an, je pense être largement gagnante !

Un rouleau « invités » à la maison

Pour les visiteurs, pas de panique, nous conservons un rouleau « invités », qui évite à tout le monde gêne ou souci d’hygiène. Je vous invite néanmoins à tester le procédé chez vous en découpant des carrés dans une vieille serviette de toilette, ou en investissant dans un jeu de 12. Parce que, si vous n’avez plus de PQ à acheter au supermarché, ni aucun produit consommable de ce genre (essuie-tout, mouchoirs, produits jetables divers ou d’entretien…), vous pourrez bientôt vous passer de toute virée dans ces antres crispantes que sont les supérettes, les super-hyper-marchés, où il est impossible de faire ses courses sans générer des monceaux de déchets ni de favoriser un système d’esclavage moderne, du producteur au caissier : voir le reportage de Cash Investigation sur le « monde impitoyable du travail ».

3 commentaires sur “3”

  1. Les lingettes lavables du derniers servent pour le « démaquillage » (ou plutôt le rinçage du savon qui me sert de nettoyant visage le soir, je ne me maquille pas), ou un nettoyage de popotin de N°4 de temps à autre, j’ai donc bien envie de tenter la démarche pour moi (avec une série de lingettes spécifiques). A suivre !

  2. Chez nous on utilise une douchette pour les wc, comme ça se fait couramment en Asie.
    bon on utilise qd même un chouia de PQ pour sécher, ça serait assez complémentaire des lingettes.

  3. Je rejoins Matthias : la douchette est surement l outil ultime, à la fois en termes de Confort & Propreté, mais aussi de limitation de la pollution;
    Par ailleurs, je connais personnellement des residents belges qui se douchent à l eau de pluie, depuis des dizaines d années, et s en portent tres bien ( leur peau aussi, par ailleurs…) .

    Si vous prenez la precaution ( surement inutile, mais je suis un peu parano des fois ) d installer une lampe à UV ( alimentée bien sur grace à vos panneaux photovoltaiques ) sur votre alimentation en eau pour la douchette, …vous atteignez un degré de pollution tres negligeable. Attention neanmoins de ne pas vous doucher au dessus de la cuvette si vous avez des toilettes seches…( les matieres fecales humides sentent …fort ).

    Nota : je vais depuis des années au Maroc sur un spot de kitesurf où l eau de la douche et des toilettes vient directement d une source souffrée, et est simplement un peu degazee à l air libre, aucun traitement …Et mes fesses ( systeme de douchettes, classique au Maghreb et moyen-orient ) se portent tres bien… 🙂

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