Sans télé et sans achat : les médiathèques sont notre nouvel eldorado

Livres, CD, DVD… des médiathèques de l’Eurométropole (Photo MH / SOSD)

Chez nous, pas de télé, pas de téléchargement vidéo, pas de tablette, pas de liseuse Kindle, pas de smartphone, pas de piles de livres non lus attendant sagement le « cas où ». On est low tech et minimalistes, anti-pubs et pro-papier. Paradoxalement, nous sommes de très gros lecteurs (au moins un livre par semaine, par adulte et par enfant) et visionnons pas mal de films (+ un peu de replay sur les sites d’Arte et de M6, j’avoue…). Dans ces conditions, c’est peu de dire que le dispositif local dit de « lecture publique » (de « biens culturels publics », devrait-on dire) nous sauve la mise. On kiffe, on plébiscite, on en redemande !

Potentiel de lecture et DVD pour plusieurs années

Je m’explique. Dans une agglomération comme celle de Strasbourg, le potentiel de lecture, de découverte de musiciens/chanteurs, de visionnage de films, séries, documentaires… mis à disposition des usagers des médiathèques suffirait à nourrir culturellement tout un chacun pendant de nombreuses années. Pas forcément avec des nouveautés « vues à la télé » (quoique), mais avec un stock en perpétuel renouvellement, capable d’assouvir sa curiosité dans des domaines extrêmement variés.

Dans cette partie de l’hexagone, on peut fréquenter tout à la fois les bibliothèques-médiathèques de quartier (8 juste à Strasbourg), mais également les trois grandes médiathèques à l’échelle de l’agglomération, André-Malraux (Strasbourg), médiathèque ouest à Lingolsheim et sud à Illkirch, leurs étages, départements et centaines de milliers de références. A se demander si on n’est pas collectivement (nous qui payons des impôts pour alimenter ce service génial) complètement con de continuer à acheter autant… Bref, je m’en tiens à cette vague question avant que mes copines libraires ne me tombent sur le râble !

Avant SOSD : 150€ de livres par mois

Depuis la naissance des enfants, je fréquente sporadiquement les bibliothèques (et le bibliobus, place Arnold, dans le quartier de l’Observatoire). Naissance qui a coïncidé avec l’inauguration de la médiathèque André-Malraux, en 2008, vaisseau-amiral dont j’ai suivi (enceinte d’Alice) la mise en œuvre politique en tant que journaliste. J’ai été une fan de l’endroit dès la première heure, me souviens des visites de chantier avec la maire et le président de la communauté urbaine de l’époque, des plateaux nus en béton, des premiers jours d’ouverture, des premières critiques sur l’isolation thermique ou le personnel nécessaire soit-disant pléthorique.

En parallèle, je continuais à succomber à l’appel des librairies, dont j’ai toujours été une très bonne cliente (mmm… l’odeur de l’encre fraîche…). Ces dernières années, avec Marc, nous dépensions environ 150€ de livres par mois, au bas mot. Un rythme qui, outre le fait d’être ruineux , nous amenait à devoir désencombrer très régulièrement nos bibliothèques, de livres lus parfois, à peine ouverts, trop souvent. Si bien que ces deux dernières années, nous avons donné (poches, romans) ou vendu (bandes dessinées) près de 90% de notre stock. Beaucoup sont allés alimenter le fonds de la médiathèque de la Robertsau : heureuse je suis de pouvoir y retrouver mes nombreux livres sur l’écologie pratique et politique, parfois en tête de gondole !

Nous fréquentons 4 médiathèques différentes

Alors, c’est peu dire que la partie « sans achat de bien culturel » de notre défi SOSD est un immense challenge pour nous, salvateur pour nos finances. Elle met aussi un coup d’arrêt à mes opérations de tri puis de port de lourds sacs de livres jusqu’aux points de dépose. Surtout, la fréquentation des médiathèques est devenue centrale dans notre routine hebdomadaire.

Depuis le 1er septembre, nous fréquentons principalement quatre établissements : la bibliothèque de la Robertsau (à côté de la maison, nickel après l’école avec les enfants les mardis ou jeudis), celle de Neudorf (à côté de chez les copains et de l’épicerie Day by Day, idéal le mercredi après-midi), la médiathèque Malraux, vendredi ou samedi de temps en temps, en amoureux avec Marc, celle d’Illkirch, où l’homme de la maison va lire Charlie Hebdo les mardis ou mercredis à la pause déjeuner.

Nous avons 3 cartes d’abonnés, une par enfant, gratuites, une pour adulte, payante (afin de pouvoir emprunter des DVD interdits aux moins de 12 ans, hé hé). Les livres/DVD/CD empruntés dans les bibliothèques de Strasbourg (hors Malraux) peuvent être rendus n’importe où : nous sommes allés à celle de Hautepierre par exemple et avons rendu les documents à la Robertsau. Découvrir ces différentes médiathèques, souvent lumineuses et bien agencées, est extrêmement plaisant, leurs stocks sont souvent assez différents malgré des redondances, et les équipes accueillantes et d’une grande patience. Bref, un vrai radeau dans notre océan de privation ! (J’déconne.) Les documents empruntés tournent énormément chez nous. Ce qui n’a pas été lu ou visionné dans les 15 jours retourne d’où il vient.

Merci les copains pour les prêts de bouquins !

Je remarque aussi qu’en limitant drastiquement les achats culturels (j’ai encore le droit d’acheter chaque mois 2 livres pour ma formation), nous relisons des livres et re-regardons des films en DVD que nous avons à la maison, avec beaucoup de plaisir. Nous affinons notre sélection et pouvons tranquillement nous défaire d’encore pas mal de trucs, en étant sûrs désormais que même en période de pénurie, nous ne leur accordons pas un regard. Et puis nous avons les amis, adorables, qui nous donnent ou nous prêtent des tas de bouquins, notamment des polars (on adore les romans policiers) et nous proposent en permanence de nous réapprovisionner. C’est top, merci à tous !

Je voudrais terminer en remarquant ceci : personnellement, j’ai un côté boulimique de livres, de films, de séries… Toujours un truc en cours, toujours des pages ou des images dans lesquelles plonger pour se détendre ou… s’oublier. Je ne perds pas de vue que l’enjeu de la culture façon entertainement est avant tout de nous faire consommer du « bien culturel ». Du neuf tout le temps, du sensationnel, du moderne. En littérature comme au cinéma (où je ne vais plus tellement). Alors, en cohérence avec notre démarche globale, je songe à tenter un mois de sevrage films/séries/romans pendant la durée du défi, afin de faire un peu silence, laisser aller mes pensées, mon imagination, me promener, tricoter sans fond sonore, etc. Le défi de trop ? 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *