Une semaine à Paris = un sac poubelle

Mon matériel pour le week-end (Photo MH / SOSD)

Un crève-cœur. Quand j’ai soulevé le couvercle de l’une des bennes à ordures dans la cour de l’immeuble vincennois dans lequel j’ai passé sept petites journées, afin d’y introduire un sac poubelle (au trois quart vide), j’ai eu le cœur serré.

Déjà, en installant le dit sac noir sur la poubelle en plastique dur, sous le plan de travail dans la cuisine de l’appartement, je n’étais pas à l’aise. Quand j’y ai placé quelques épluchures de légumes, j’étais désolée. Quand j’y ai, dans les jours qui ont suivi, jeté une boîte de maquereaux métallique, un film alimentaire, une bouteille plastique et quelques tickets de métro, j’ai crissé des dents.

Lente intoxication aux substances en cours de pourrissement

Pire, quand j’ai disposé en son fond une bouteille en verre et un bocal de même matériau, j’ai carrément fait la grimace. Le carnage s’est arrêté là, déjà bien assez grand. A noter que j’ai rapporté à Strasbourg quelques déchets en carton et papier, mais n’avais ni la place ni l’envie de me charger des quelques déchets pré-cités… L’idée de conserver dans ma gamelle des épluchures pendant une semaine pour les mettre au compost à la maison m’a effleurée, mais m’aurait privée de mon contenant principal tout en me garantissant une lente intoxication aux substances en cours de pourrissement, ce qui ne m’a pas non plus semblé pertinent. Coupable ?

En déplacement professionnel donc, pendant cette semaine parisienne, j’ai expérimenté la vie sans tri sélectif (ni bac jaune, ni benne à verre à proximité, ni, bien sûr, bac à compost…), sans marché – je n’ai pas pu profiter du marché local pour cause de rendez-vous divers – et sans mes contenants réutilisables habituels. J’ai usé et abusé au maximum de mon « kit week-end » (photo ci-dessus), en présentant ma gamelle chez un traiteur, en utilisant mes couverts au déjeuner, après avoir acheté quelques légumes et fruits dans un magasin bio, ou en remplissant ma gourde au robinet d’eau filtrée de mon école de naturopathie.

Quelle restauration rapide, livraison ou achats au supermarché du coin sans déchet ?

Mais cela n’a pas suffi. Une semaine sans internet (pour trouver une benne à verre), sans véritablement cuisiner, loin de mon dispositif ZD, fut une semaine avec une poubelle – certes légère, mais quand même. Une semaine aussi à partir à 8 heures pour rentrer à 20, 21 ou 22 heures, à grignoter des restes ou à manger dehors, à faire attention aux déchets dans un monde structuré autour d’eux. Quelle restauration rapide, livraison ou achats au supermarché du coin sans déchet ?

Il est arrivé que, vivant au rythme des travailleurs parisiens, je saute l’un ou l’autre repas faute d’option zéro déchet. Pas un problème pour moi ni pour mon appareil digestif qui nous sommes évités les pires surcharges, mais un état de fait qui m’a interpellée.

Début août, nous prenons deux semaines de vacances en famille, en vadrouille chez des amis et en camping en Bretagne. Afin de nous éviter ce type de mésaventure, il va nous falloir anticiper quelques process et, peut-être, comme à Paris, assouplir nos règles quelques jours. A suivre.

2 commentaires sur “2”

  1. Votre défi est très intéressant pour amener des réflexions de fond, pousser la théorie dans ses derniers retranchements, mais il faut avouer que c’est un peu extrême, surtout dans notre société actuelle …
    Pour pouvoir durer il est vital d’alléger un peu les contraintes, ce que vous avez déjà fait ici ou là.
    Et ce n’est pas un échec, vous avez déjà tellement d’avance sur nombre d’entre nous !
    Et tous ces partages qui nous font nous questionner, nous positionner … vous avez déjà fait bien plus que votre part (dixit le colibri), alors haut les cœurs, et encore merci et bravo 😉

  2. Effectivement, il n’est pas question pour nous de s’extraire totalement du système. Qui nous pousse parfois à la « faute » ou, à tout le moins, au non-respect des règles que l’on s’est édicté à soi-même. Je ne m’en rends pas malade, mais j’en rends compte ici pour que la transparence soit totale. Sinon, la médiatisation de notre démarche perd en sens et en intérêt…
    Merci pour tes encouragements ! 🙂

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