Visite à l’usine de tri : j’ai vu ce que deviennent nos déchets recyclables

Montagne de papier à l’usine de tri, surtout des journaux et des pubs (Photo MK / SOSD)

Poussière et bruit, beaucoup !, odeurs, un peu. Moins qu’à l’usine d’incinération des ordures ménagères (je devine…), mais quand même. Un travail difficile pour la quarantaine de salariés employés sur le site en deux « services », matin et après-midi.

Grâce à une visite organisée par Alsace Nature, j’ai découvert le fonctionnement de cette usine de tri de nos déchets recyclables, située en face de la réserve naturelle du Rohrschollen, le long du Rhin, à Strasbourg. Marc y avait déjà fait un tour dans le cadre de son boulot…

Optimiser l’efficacité du recyclage de nos déchets

L’usine Altem (pour Alsacienne de tri des emballages ménagers) du groupe Schroll a ouvert ses portes à l’association, mettant à disposition deux de ses cadres, qui nous ont décrit avec patience et sans langue de bois – merci à eux ! – le fonctionnement du site, les limites du tri tel que pratiqué aujourd’hui dans les grandes métropoles, les évolutions à venir et les gestes à améliorer pour optimiser l’efficacité du recyclage de nos déchets papiers, cartons, métalliques et plastiques.

Contre le muret, les erreurs de tri – Usine Altem de Schroll (Photo MH / SOSD)

D’abord, stopper les erreurs de tri (voir le tas sur la photo ci-dessus) ! Et s’en tenir aux déchets qui figurent sur l’affichette collée sur chaque bac de tri jaune ! NON, on ne met pas les films plastiques (blisters, sur-emballages, barquettes, sachets…) dans les poubelles jaunes, tout comme on ne balance pas son poubelle noire (déchets résiduels) dans le bac jaune quand le bac bleu de l’immeuble est plein… (Grrrr !) Cette pratique irresponsable pouvant dégrader tous les recyclables d’un camion…

Sur 58 000 tonnes de déchets qui passent chaque années par cette usine (dont environ la moitié concerne l’Eurométropole de Strasbourg), 20% sont des erreurs de tri ! Alors, quand on ne sait pas où placer un déchet, direction la poubelle bleue.

Tri manuel 7 heures par jour et par salarié, avec deux pauses de 30 minutes, pour « affiner le produit » – Altem / Schroll (Photo MH / SOSD)

Aujourd’hui, les bouteilles en plastique triées par couleur, les papier-carton et les boîtes métalliques (cannettes, conserves…) ressortent du Rorhschollen, direction des grossistes (spéculateurs ?) ou des recycleurs qui recréeront avec des bouteilles de même type, des meubles en plastique, des canalisations, du papier de diverses qualités, etc. Schroll, intermédiaire chargé du seul tri, facture les collectivités bas-rhinoises pour ce service et leur reverse une part du produit de la vente des matières (en simplifiant).

Augmenter la part du tri et le volume des déchets recyclés

Heureusement, la collectivité – théoriquement engagée dans une politique de réduction des déchets – ne s’engage pas sur un volume minimal de déchets à trier. Néanmoins, l’usine comme l’Eurométropole ont intérêt à ce que le volume qui transite par Altem augmente, sachant que seuls 50% de nos déchets potentiellement recyclables sont triés actuellement (une bouteille plastique sur deux par exemple). Donc, avant de faire diminuer le volume global (objectif final, pour nous, famille SOSD, ou pour Alsace Nature en tout cas !), le but est d’augmenter la part du tri et donc le tonnage des déchets qui passent par Altem. Kapish ?

Tri avant traitement et valorisation, des briques et des bouteilles plastiques (Photo MH / SOSD)

En France, nous recyclons moins de 40% de nos déchets, moins qu’en Allemagne, beaucoup moins qu’au Danemark ou aux Pays-Bas (environ 60%). Dans le Bas-Rhin, le taux serait d’environ 50%. Mieux, mais pas encore tip-top, sachant que Strasbourg, comme toute grande ville, fait moins bien que les communautés de communes alentour. Certaines d’entre elles sont passées à la « redevance incitative » (sic) : outre un tarif fixe annuel, les particuliers paient au nombre de fois où le bac de déchets résiduels est présenté, chaque bac étant équipé d’une puce – exemple à Saverne.

Taper au porte-monnaie ?

Taper les usagers au porte-monnaie, un levier « très puissant », qui doit s’accompagner de pédagogie et d’actions de sensibilisation. C’est ce que nous – famille SOSD – vous proposons une dernière fois avant l’été, ce samedi 23 juin à la médiathèque de Neudorf à 10h30, pour parler recyclage (un tout petit peu), mais surtout réduction des déchets à la source ! Au plaisir de vous y rencontrer !!

1 commentaire sur “1”

  1. La redevance incitative devait devenir obligatoire afin de sensibiliser les francais a la production de déchets. En effet je pense que cela doit etre effectué avec un accompagnement des usagers et des alternatives possibles.

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