ZD pratiquant, pourquoi je grossis dans les pince-fesses

Cherchez le truc que je ne devais (théoriquement) pas manger… (Photo MH / SOSD)

Je commence par la conclusion : pratiquer le zéro déchet dans les pince-fesses, réceptions et autres buffets de traiteurs, c’est se résoudre à ne manger que des sandwiches, sous toutes les formes possibles (pains surprise, bretzels, toasts, etc). Et espérer que les boissons soient servies dans des verres et non des gobelets jetables pour ne pas ajouter la soif au bourre-pain. Sauf à venir avec son outillage ZD, mais ça, j’ai pas osé.

Réception et buffet « déjeunatoire » professionnel

Telle est la conclusion désabusée que je tire de ma semaine passée, où j’ai eu l’occasion de tester notre engagement SOSD dans une réception de remise de Légion d’honneur à Paris et lors du buffet “déjeunatoire” d’un colloque professionnel.

A Paris, ça s’est assez bien passé, dois-je dire. L’heureux récipiendaire de la rosette n’étant autre que le président des parcs naturels régionaux de France, on pouvait s’attendre à un buffet un tant soit peu écolo et ce fut le cas. Boissons bio et bière alsacienne au fût, servies dans les verres de la mairie du XVIIIème, bretzels, pains-surprise et petits toasts à grappiller avec ses petits doigts, c’était bon, un peu bourratif (quelques légumes ou fruits n’auraient pas déparé) et très peu déchétophile, un bon point.

Du coup, je m’en suis plutôt bien sorti, jusqu’au moment des petits macarons en dessert, servis dans leurs habituels papiers sulfurisés. J’ai craqué et mon pote Eric ne m’a pas loupé : « Oh, attention, déchet ! Vais te dénoncer à Marie…! » Les macarons, je craque, mais j’en ai pris que deux.

Café d’accueil en gobelets jetables

Là où ça s’est compliqué, c’est au buffet du colloque de Mulhouse. Déjà, le coup n’est pas passé loin au café d’accueil, où tout était servi en gobelets jetables. Heureusement, j’ai pu repérer et chiper un verre en verre derrière le comptoir et m’y servir un petit kawa bien énergisant, avant d’aborder les questions ardues des technologies de stockage d’énergies dans le bassin du Rhin supérieur.

Avant ma conscience ZD, j’aurais applaudi à deux mains au buffet de midi. Le traiteur avait mis les petits plats dans les grands : plats et soupes chaudes, petites salades bien appétissantes, toasts élaborés, pics de légumes à saucer…, un régal. Sauf que lesdits plats étaient tous jetables ! Verrines et couverts en plastique, assiettes et bols en polystyrène, pics jetables, serviettes en papier, un festival, aïe. Donc rebelote : bourre-pain et service aux doigts. Heureusement que j’avais gardé mon verre du matin !

Pour sauver le traiteur des foudres SOSD, je remarquai une initiative que je n’avais encore jamais vue. A la fin du déjeuner, ses serveurs se sont empressés de disposer les victuailles non-consommées dans des doggy bags pour les resservir (peut-être) à leurs personnels et ainsi éviter de les jeter à la poubelle. Top pour lutter contre le gaspillage alimentaire, souvent important à ces occasions. Mais, devinez quoi, lesdits doggy bags étaient en… carton. Décidément, très difficile d’être cohérent jusqu’au bout, mais saluons la belle initiative et espérons qu’elle fera des émules avec des doggy bags réutilisables.

Nomadisme alimentaire dans des lieux inadaptés

Alors, quoi ? Les réceptions, buffets et autres font partie de ces situations de nomadisme alimentaire, où la consommation alimentaire est déportée dans des lieux inadaptés, pour lesquels la solution de facilité réside dans le jetable. C’est vrai pour ces occasions de buffets, comme ça l’est pour les MacDo, kebabs et autres take away, les food trucks ou les restaurants scolaires : ces formes de restauration sont toutes génératrices de volumes importants de déchets. Et les pistes ne sont pas légion pour les y réduire : soit on adapte la production, soit on adapte la consommation, donc le consommateur.

Côté consommateur, j’aurais pu emporter à Paris et à Mulhouse mon kit de repas ZD (assiette, couverts, verre) et le sortir au moment de passer aux pince-fesses. Pourquoi ne l’ai-je pas fait ? Etourderie ? Timidité ? Cap culturel à franchir encore ? Peur du regard des autres ? Sans doute un peu de tout cela. Peut-on imaginer une invitation – programme de colloque, qui, en plus d’indiquer comment y venir sans voiture, demanderait d’y apporter ses couverts ?

Militer pour que ces événements gagnent en cohérence

En fait, si l’on veut éviter de culpabiliser encore le consommateur, ne faudrait-il pas  agir du côté des producteurs et militer pour que ces événements gagnent en cohérence ? Le colloque de Mulhouse portait sur les énergies renouvelables, une thématique écolo majeure. Est-il si utopique d’espérer que ses organisateurs, partenaires et financeurs approfondissent cette cohérence, en affichant clairement que les déchets sont énergivores et que donc les réduire, en imposant de la vaisselle réutilisable et/ou un repas assis, contribue aussi à la résolution de la crise énergétique et climatique ?

Soyons réalistes, demandons l’impossible.

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